Le réchauffement n’est pas (encore) responsable des dégazages du Svalbard

Le 06 janvier 2014 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Un dégazage massif des clathrates pourrait accélérer les changements climatiques.
Un dégazage massif des clathrates pourrait accélérer les changements climatiques.
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Depuis quelques années, les océanographes sonnent le tocsin gazier. Dans plusieurs régions de l’Arctique, des expéditions ont remarqué des relâchements de méthane en provenance des fonds marins. En soi, la nouvelle n’est pas surprenante. A grande profondeur, la pression et le froid forment une sorte de glace stable, composée d’eau et de méthane, produit de la décomposition d’organismes marins. Un volume unitaire d'hydrate peut ainsi emmagasiner 160 volumes de méthane durant sa formation.

La glace qui brûle, comme on la surnomme parfois, se retrouve très fréquemment dans les grands fonds et dans le permafrost. Le service géologique américain estime à 20 millions de km3 la quantité de méthane présente sous forme d’hydrates (ou clathrates).

Problème, l’Arctique est l’une des régions où le réchauffement climatique est le plus manifeste. L’étendue moyenne de la banquise arctique a diminué de 4% par décennie entre 1979 et 2012, relevait le Giec[1], dans le premier tome  de son 5e rapport d’évaluation. Pour les climatologues, la menace est claire. En se réchauffant, l’océan arctique risque de déstabiliser les clathrates, libérant dans l’atmosphère des millions de tonnes de méthane, un gaz à effet de serre 25 fois plus puissant que le CO2. De quoi accélérer le changement climatique

Les océanographes du centre Helmholtz pour la recherche océanique de Kiel (Geomar) ont voulu en avoir le cœur net. En plusieurs campagnes, et grâce aux observations réalisées à l’aide d’un sous-marin de poche, ils ont pu constater que les dégazages précédemment observés au large de l’archipel du Svalbard (Norvège) n’étaient pas imputables au réchauffement climatique, mais à des phénomènes naturels. «D’abord, nous avons mis en évidence que les changements de température saisonniers de l’eau sont suffisants pour déstabiliser les clathrates», indique Christian Berndt, auteur principal d’un article publié le 2 janvier dans Science.

A proximité des sources de méthane, le robot sous-marin a aussi photographié des concrétions de carbonates «qui ont été produites par les émanations de gaz», explique le chercheur du Geomar au JDLE. De quoi rassurer les anxieux? Pas si sûr. Car, en se réchauffant doucement (de 0,1°C par décennie dans la partie superficielle), l’océan arctique va inévitablement libérer les volumes considérables de méthane qu’il stocke. Ce n’est probablement qu’une question de temps.



[1] Giec: Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat

 



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