Le réchauffement, menace pour la reproduction des espèces

Le 01 février 2019 par Romain Loury
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Les animaux à sang froid plus vulnérables
Les animaux à sang froid plus vulnérables

La biodiversité pourrait être bien plus vulnérable au réchauffement climatique qu’on ne le pense actuellement, selon une étude publiée jeudi 31 janvier dans la revue Trends in Ecology & Evolution. En cause, le fait que la fertilité des individus est plus sensible à la température que leur survie.

Chaque espèce, qu’elle soit végétale ou animale, dispose d’un maximum thermique, température au-delà de laquelle elle ne peut survivre, ses fonctions biologiques ne pouvant plus être assurées. C’est principalement sur cette notion que sont basées les études modélisant l’impact du réchauffement sur la biodiversité.

Dans son étude, l’équipe de Tom Price, biologiste de l’évolution à l’Institute of Integrative Biology de l’université de Liverpool (Royaume-Uni), estime que des effets pourraient se faire sentir bien avant le maximum thermique du fait d’une baisse de la fertilité.

La fertilité affectée avant la survie

De manière générale, celle-ci est en effet plus sensible à la température que les autres fonctions biologiques. Notamment chez les mammifères, dont la descente des testicules (dans les bourses) permet d’assurer une plus basse température pour la production de spermatozoïdes: à 37°C, elle n’est pas possible chez l’homme.

«Il est possible que nous sous-estimions l’impact du changement climatique sur la survie des espèces, du seul fait que nous nous concentrons sur les températures qui sont mortelles pour les organismes, plutôt que sur celles auxquelles ils ne peuvent plus se reproduire», explique Tom Price. Les chercheurs proposent dès lors d’intégrer la notion de ‘maximum critique pour la fertilité’, plus à même, selon eux, de mesurer l’impact du réchauffement sur la biodiversité.

Des capacités d’adaptation inconnues

S’il reste beaucoup à apprendre sur ces limites thermiques, encore peu étudiées, elles semblent particulièrement basses chez les espèces aquatiques et celles à sang froid, comme les reptiles et les amphibiens. «Quelles espèces sont-elles le plus à risque? Ces pertes de fertilité suffiront-elles à éliminer des populations, ou bien quelques individus y échapperont-ils, permettant ainsi aux populations de se maintenir? Pour l’instant, nous n’en savons rien», constate Tom Price.

Parmi les questions qui se posent, les chercheurs évoquent la possibilité, encore inconnue, que les espèces exposées à des températures élevées puissent s’adapter, et que leur maximum thermique de fertilité puisse s’élever, soit par acclimatation (sans changement génétique, à l’échelle d’une vie), soit par sélection naturelle (avec évolution génétique, à l’échelle de plusieurs générations).



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