Le réchauffement fait une pause, pas pour longtemps

Le 08 avril 2013 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Pacifique et Atlantique stockent plus d'énergie que prévu.
Pacifique et Atlantique stockent plus d'énergie que prévu.

Voilà qui ne va pas faciliter la communication autour du prochain rapport du Giec, attendu au mois de septembre.

Nombre de climatologues estiment, en effet, que le réchauffement climatique marque une pause. En cause: le décrochage des courbes de concentration de gaz à effet de serre (GES) dans l’atmosphère et de la température moyenne de surface. Dit autrement: l’humanité émet toujours plus de GES, mais le mercure ne progresse plus au même rythme vers le sommet du thermomètre.

Des chercheurs norvégiens, anglais, suisses, britanniques et américains estiment désormais le réchauffement entre 1,6 °C et 2,3 °C d’ici la fin du siècle, contre 3 °C à 3,5 °C pour le consensus officiel.

De consensus, il n’est pas encore question pour expliquer cette pause du réchauffement. Des équipes penchent pour une surestimation de l’impact «réchauffant» de certains nuages; d’autres parient pour une variabilité naturelle du climat plus importante qu’escompté. Chercheur au Pacific Marine Environmental Laboratory de Seattle (laboratoire dépendant de la Noaa ), Kevin Trenberth à une autre théorie. Pour le spécialiste néo-zélandais d’El Niño, c’est entendu: l’océan absorbe plus de chaleur qu’on ne l’avait imaginé jusqu’alors.

Cette thèse vient de trouver un nouvel écho avec la publication des résultats d’une étude franco-espagnole. Dans un article mis en ligne le 7 avril par Nature Climate Change, Virginie Guemas (Météo France et Institut catalan des sciences du climat) et ses confrères affirment que le moindre réchauffement observé durant la première décade du siècle pourrait être essentiellement imputable à un engloutissement inhabituel de chaleur par la frange tropicale du Pacifique et par l’Atlantique Nord.

Voilà pour le phénomène. Reste à en déterminer les causes, ce qui n’était pas l’objet de la recherche. Interrogée par le JDLE, Virginie Guemas avance deux hypothèses. Dans le Pacifique, l’absorption de chaleur serait la conséquence de forts épisodes d’El Niño et de La Niña (respectivement en 1997 et 1998) qui ont accéléré les remontées d’eaux froides vers la surface et la plongée des eaux chaudes du Pacifique tropical vers les abysses. En Atlantique Nord, le ralentissement de la circulation thermohaline est suspecté d’être responsable de la disparition des calories atmosphériques.

Probablement stockée entre 200 et 700 mètres de profondeur, cette énergie n’a pas disparu pour autant. «Et il est très probable qu’elle fasse surface dans une courte échelle de temps», estime la chercheure française. Ce qui aurait pour effet de relancer la dynamique du réchauffement. De quoi faciliter, cette fois, la communication du Giec.

 



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