Le réchauffement: les pauvres aux premières loges

Le 16 mai 2018 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Les populations modestes d'Afrique et d'Asie seront les premières touchées.
Les populations modestes d'Afrique et d'Asie seront les premières touchées.

Plus le thermomètre du climat montera, plus les pauvres seront touchés par les effets conjugués du réchauffement.

S’il n’en fallait qu’un, ce serait peut-être celui-là? Entre la préservation de la biodiversité, la sécurisation de l’accès à l’eau, le maintien des équilibres stratégiques, le soutien à l’agriculture, les arguments ne manquent pas aux partisans d’un renforcement des politiques climatiques.

Pourtant, au vu de la difficulté rencontrée par les gouvernements pour diviser par 4 les émissions de gaz à effet de serre (GES) ou de la communauté internationale à se mettre d’accord sur l’application de l’Accord de Paris, on se dit que les annonces du Giec[1] restent des motivations insuffisantes pour déclencher l’action publique.

Sujet universel

Et si l’on essayait la lutte contre la pauvreté, sujet malheureusement universel? C’est la tentative faite par Edward Byers. A la tête d’une équipe internationale, le chercheur à l’Institut international pour l’analyse des systèmes appliqués (IIASA) a quantifié les populations qui seront exposées à plusieurs types de conséquences du réchauffement.

14 indicateurs

Pour rédiger l’article que publie Environmental Research Letters, les scientifiques ont développé des indicateurs[2] portant sur quatre sujets essentiels: l’eau, l’énergie, l’alimentation et l’environnement. Ces indicateurs ont été soumis à de nombreux scénarios socio-économiques et à trois intensités de réchauffement global: 1,5°C, 2°C et 3°C. L’intérêt de ce travail est de mettre en exergue les populations touchées par plusieurs effets directs ou indirects du réchauffement: baisse de l’accès à l’eau et réduction des rendements agricoles, par exemple.

16% ou 50%?

Avec une montée en température de 1,5°C (nous en sommes à 1,1°C), 16% de la population planétaire subira des effets conjugués des changements climatique, soit environ 1,5 milliard d’habitants. Cette proportion pourrait doubler à 2°C. A 3°C, réchauffement inférieur à celui que nous promettent les politiques climatiques actuelles, c’est un Terrien sur deux (4,6 milliards de personnes) qui subira deux, voire davantage, de conséquences du réchauffement global.

Les pauvres sont nombreux

Sans surprise, la très grande majorité des populations touchées sont pauvres. Et elles sont nombreuses: en 2011, on comptait 767 millions de personnes survivant avec moins de 2 dollars par jour. Ils sont presque 5 fois plus nombreux à vivre avec moins de 10 $ par jour.

Régions à risques

Les régions à risques se trouvent d’abord en Asie et en Afrique, où les chercheurs situent les populations vulnérables même avec un réchauffement modéré. Dans le cas où nous ne parviendrions pas à stabiliser le phénomène, les pauvres d’Amérique centrale, du Moyen-Orient, du pourtour méditerranéen, seront alors aux premières loges. A paraître cet automne, le rapport spécial du Giec sur les effets d’un réchauffement à 1,5°C consacrera d’importants passages à la vulnérabilité des populations les plus fragiles. Il n’était que temps.

 



[1] Giec: Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat

[2] Quantité d’eau renouvelable et non renouvelable, intensité des sécheresses, risque d’inondation, saisonnalité, variabilité des événements climatiques, manque d’accès à des systèmes de cuisson propre, exposition à des vagues de chaleur, demande de climatisation, perte de productible des centrales hydroélectriques, évolution des rendements agricoles, stress hydrique pour les cultures, dégradation des habitats naturels, nitrates.

 



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