Le rapport du Giec 2 publié après d’âpres négociations

Le 06 avril 2007 par Claire Avignon
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Après plusieurs heures d’indécision, les membres du deuxième groupe de travail du Giec ont rendu, aujourd’hui à midi, leur copie sur le bilan 2007 des changements climatiques en termes de conséquences, d’adaptation et de vulnérabilité.

Le quotidien anglais The Independent a parlé de «guerre des mots». La Chine, l'Arabie saoudite, la Russie et les Etats-Unis, pays généralement hostiles à des mesures réglementaires de réduction des émissions de CO2, ont contesté certains paragraphes du «résumé à l'intention des décideurs», un texte d'une vingtaine de pages qui synthétise à l'intention des gouvernements du monde entier les 1.400 pages du rapport sur lequel travaillent quelque 1.000 chercheurs depuis 6 ans. A tel point qu'en début de matinée, la publication du rapport avait été reportée sine die. Car le rapport et la synthèse sont négociés ligne à ligne et votés par les délégations mandatées par leurs gouvernements selon la règle du consensus.

D'après l'AFP citant un observateur des négociations, les Etats-Unis ont ainsi demandé et obtenu l'élimination d'un paragraphe indiquant que l'Amérique du Nord «devrait être localement confrontée à de graves dommages économiques et à des perturbations substantielles de son système socio-économique et culturel».

Quant à la Chine, toujours selon l'agence de presse, elle s'est opposée à un paragraphe soulignant «le risque très élevé, basé sur de nombreuses observations et preuves dans tous les pays et la plupart des océans, que de nombreux systèmes naturels soient affectés par les changements climatiques (...)», contestant le caractère «très élevé» du risque.

En réponse, un groupe de scientifiques a remis une lettre de protestation à la chef de la délégation américaine, Sharon Hays, en faisant valoir que son degré de confiance élevé était scientifiquement établi. «C'est la première fois que la science est ainsi mise en cause par les politiques», a remarqué un délégué dont les propos étaient rapportés par un autre participant.

Finalement, les membres du Giec 2 ont conclu qu'au-delà de 2 à 3°C supplémentaires par rapport à 1990, le réchauffement climatique aura des impacts négatifs sur toutes les régions.

D'ici 2080, estiment les experts dans leur rapport, jusqu'à 3,2 milliards d'humains seront exposés à des pénuries d'eau sévères, et 600 millions à la faim, en raison des sécheresses, de la dégradation et de la salinisation des sols. Chaque année, 2 à 7 millions de personnes supplémentaires pourraient subir des inondations, notamment sur les côtes où la pression démographique s'accentue et dans les grands deltas d'Afrique de l'Ouest, d'Asie ou du Mississippi.

Les «populations pauvres, même dans des sociétés prospères, sont les plus vulnérables au changement climatique», ont souligné les experts lors de la conférence de presse ce vendredi 6 avril. «Ceci requiert notre attention, car les plus pauvres sont aussi les moins aptes à s'adapter», a commenté Rajendra Pachauri.

Les scientifiques ont prévenu que toutes les formes de vie sur terre seraient affectées: «De 20 à 30% des espèces végétales et animales connaîtront un risque croissant d'extinction si les augmentations de la température mondiale dépassent 1,5 à 2,5°C» par rapport à 1990, indique également le rapport.

«Il y a maintenant sur tous les continents des signes du changement climatique qui affectent les animaux et les plantes et nous en avons la preuve», a souligné Martin Parry, coprésident du groupe de travail du Giec sur les impacts du réchauffement, devant la presse.



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