Le radon, un gaz qui gagne à être connu

Le 07 juillet 2006 par Agnes Ginestet
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Radon1
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Il est radioactif et présent sur toute la surface du globe terrestre. Pourtant, peu de gens le connaissent et savent qu’il est dangereux si l’on y est exposé durant une longue période. Son nom: le radon.

D’origine naturelle, ce gaz provient de la décomposition de l’uranium 238 présent dans des roches anciennes. Certaines régions comme la Bretagne et le Limousin sont plus exposées que d’autres. Le radon peut pénétrer dans les bâtiments et s’y accumuler, par l’intermédiaire de failles dans les dalles ou à travers les vieux planchers de bois.

Ce gaz a été reconnu par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) comme agent cancérigène pour l’homme. Une étude de 2004 montre qu’en Europe, 9% des cancers du poumon seraient dus au radon (1). Le risque augmente avec la concentration et la durée d’exposition.

Au niveau réglementaire, l'arrêté du 22 juillet 2004 concerne la gestion du risque lié au radon dans les lieux ouverts au public (2) et s’applique notamment aux établissements d'enseignement. Seuls 31 départements français sont soumis à réglementation. Les campagnes de mesures ont lieu entre septembre et avril, période où le confinement des habitats et l’absence de ventilation sont optimaux, et les mesures sont réalisées par un organisme agréé dans les conditions fixées par le code de la santé publique (3). Bien qu’il n’existe pas de réglementation propre à l’habitat privé, les citoyens peuvent se procurer des dosimètres pour évaluer chez eux la concentration en radon.

Pour prévenir l’introduction de radon, dans les constructions neuves ou anciennes, le Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB) préconise un étanchement et une ventilation efficaces, ainsi que l’instauration d’un système de mise en dépression du sol (SDS). Mais il n’y a pas de règle générale: les moyens à mettre en œuvre dépendent du type de bâtiment.

Des seuils de concentration en radon, mesurée en becquerels par mètre cube d’air (Bq/m3), ont été fixés: entre 400 Bq/m³ et 1.000 Bq/m³, le propriétaire du bâtiment doit mener des actions simples pour réduire l’exposition, et des travaux doivent être réalisés dans les deux ans si nécessaire. Mais ce délai n’est pas toujours respecté. Bernard Collignan, chef du pôle Ventilation et ambiances intérieures au CSTB, confie: «Comme tout système qui se met en place, il y a des retards». Lorsque la concentration est supérieure à 1.000 Bq/m3, les actions simples immédiates sont suivies d’un diagnostic du bâtiment.
Selon une campagne lancée en 1999 et réalisée dans plus de 13.000 établissements publics, 8% se situaient entre 400 et 1.000 Bq/m3, et 4% dépassaient le seuil des 1.000 Bq/m3.

La gestion du risque lié au radon fait partie du plan national santé-environnement (PNSE) 2004-2008, qui se décline sous forme de plans régionaux (PRSE). Un plan d’actions interministériel 2005-2008 élaboré par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a également été publié le 31 mars 2006. En Auvergne, où les quatre départements sont classés en zone prioritaire pour la mesure du radon, le PRSE vise essentiellement à vérifier l’application de la réglementation dans les établissements ouverts au public, et à informer le public des moyens pour diminuer l’exposition au radon dans l’habitat. «Nous avons eu quelques appels suite à une conférence de presse organisée pour attirer l’attention sur le radon. Mais cela n’a pas vraiment alerté les foules» commente Jean-Paul Message, responsable du service santé-environnement à la Direction départementale des affaires sanitaires et sociales (DDASS) de l’Allier.

Pour le moment, pas d’arrêté en vue concernant l’habitat privé. Roselyne Améon, chercheure au Laboratoire d'étude du radon et d'analyse des risques de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), s’interroge sur la possibilité de mise en place d’une telle réglementation: «Il faut y réfléchir. La mesure de concentration en radon se faisant sur deux mois, des problèmes d’intégrité sont susceptibles de se poser. Avant la vente d’un bien, les dosimètres pourraient très bien être fermés et les fenêtres ouvertes. De plus, il faudrait savoir où rendre ces mesures obligatoires. Par exemple, doivent-elles concerner uniquement les zones prioritaires?». La tâche s’annonce donc difficile.

(1)Radon in homes and risk of lung cancer: collaborative analysis of individual data from 13 European case-control studies (British Medical Journal, 21 December 2004)

(2)Arrêté du 22 juillet 2004 relatif aux modalités de gestion du risque lié au radon dans les lieux ouverts au public (J.O n° 185 du 11 août 2004 page 14359, texte n° 25)

(3)Article R 1333-15 du Code de la Santé Publique


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