Le RAC propose une politique climatique clé en main

Le 12 mars 2010 par Valéry Laramée de Tannenberg
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email

A la veille du scrutin, le Réseau Action Climat propose son programme «idéal» aux futurs conseils régionaux.

Le scepticisme croissant à l’égard du changement climatique n’a pas déteint sur la campagne des régionales. Aucun des partis susceptibles de participer au gouvernement des régions n’a, pour le moment, succombé aux chants de Claude Allègre. Mieux, la plupart des candidats proposent des solutions pour lutter contre le renforcement de l’effet de serre. En Ile-de-France, la tête de file UMP, Valérie Pécresse, entend planter des arbres autour de l’aéroport Roissy Charles-de-Gaulle pour stocker les 900.000 tonnes de gaz à effet de serre émis chaque année par les avions et la plateforme aéroportuaire. En Provence-Alpes-Côte d’Azur, le socialiste Michel Vauzelle veut créer une prime anti-carbone pour inciter les Provençaux à réduire leurs émissions. La centriste alsacienne Odile Uhlrich-Mallet suggère la création d’un fonds permettant aux entreprises de compenser financièrement leurs rejets de GES. L’imagination est déjà au pouvoir! C’est, hélas, insuffisant aux yeux des responsables du Réseau Action Climat (RAC), une fédération d’associations très en pointe dans le combat climatique.

Pour aider les candidats à muscler leur programme et les électeurs à faire le bon choix, l’organisation écologiste vient de publier une brochure, riche en contenu. Dans ces «12 mesures pour des régions exemplaires», le RAC rappelle les données du problème. Dotées de compétences dans des domaines aussi divers (et émetteurs) que les transports, l’énergie, les bâtiments, l’aménagement du territoire, le développement économique ou l’agriculture, les collectivités territoriales sont à l’origine de 15% des émissions hexagonales de GES. Diminuer l’empreinte carbone de ces «chefs d’orchestre de la dynamique des territoires», c’est participer à l’engagement français de réduire les émissions de GES de 20% d’ici à 2020.

Rappelant que les lois Grenelle I et II obligeront les collectivités locales à réaliser des plans Climat territoriaux et des schémas régionaux du climat, de l’air et de l’énergie, les experts «verts» préconisent la mise en place de mesures concrètes et sobres en carbone. A commencer par l’adoption, par les services des conseils régionaux, de bonnes habitudes climatiques: réduction des flottes de véhicules, isolation des bâtiments, politiques d’achats adaptées, etc. Grand donneur d’ordre, la région devra intégrer les principes de l’éco-conception dans la construction de nouveaux bâtiments (les lycées notamment) et dans les opérations de rénovation. Une proposition qui doit être nécessairement complétée par des programmes de formation des professionnels du bâtiment. Les constructions ne devront plus se faire n’importe où. Priorité est donnée à la densification de l’habitat et des activités: des villes plus compactes, ce sont des besoins de transport en moins.

Parce qu’il est parfois difficile d’utiliser les transports publics ou les modes de déplacement doux (marche, vélo), l’étude suggère des mesures incitatives: renouvellement des flottes, simplification des tarifs, création de parcs à vélo, etc. Pour le fret, les régions sont invitées à investir dans les infrastructures ferroviaires ou maritimes, voire dans les canaux à grand gabarit. On l’oublie trop souvent, l’agriculture est à l’origine de 20% des GES anthropiques français. En soutenant l’agriculture biologique ou locale, les régions inciteraient les agriculteurs à moins utiliser d’intrants (oxydé, l’azote est un puissant GES) et à vendre sur des marchés locaux, nécessitant moins de transport et une courte chaîne du froid.
Alors que certains conseils régionaux en sont des acteurs importants, le développement, mal maîtrisé, de certaines énergies renouvelables peut être préjudiciable à la biodiversité: une forêt uniquement exploitée pour son bois énergie peut devenir mono spécifique, par exemple. D’où l’importance, explique le RAC, d’intégrer la protection des milieux naturels dans les politiques de développement de la biomasse ou de l’hydroélectricité.
Définissant le régime des aides économiques aux entreprises, les régions, estiment les auteurs, doivent privilégier les activités sobres en énergie. Exit les subventions aux autoroutes!

Vertueuses, ces pratiques ne devront pas rester propriété des régions françaises, qu’elles soient métropolitaines ou d’outre-Mer. Le RAC invite les 20.000 candidats en lice à renforcer, pour ceux qui seront élus, la coopération décentralisée. Une façon de se souvenir que seule une action globale pourra nous épargner les affres d’un climat déréglé.


A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus