Le quota de GES européen : la meilleure commodité du monde

Le 29 août 2018 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Les avions aussi doivent assurent leur conformité carbone.
Les avions aussi doivent assurent leur conformité carbone.
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Le prix de l’unité de compte de l’ETS a plus que doublé depuis le début de l’année.


Comme il semble loin le temps où le quota européen d’émission de gaz à effet de serre ne valait rien. Cette quasi-gratuité permettait aux 12.000 industriels européens assujettis à la directive ‘Quotas’ –––participant de fait à l’ETS– d’émettre des gaz à effet de serre sans (trop) compter. Cette période s’est achevée.

Lors de sa dernière cotation par la bourse allemande de l’électricité (EEX), le prix spot du quota a atteint 21,3 euros, contre 8,99 € à la fin du mois de janvier. Depuis avril dernier, le quota s’est encore affirmé de plus de 30%.

31 millions de dollars. C’est le montant de la levée de fonds que vient de réussir Climeworks. Après avoir mis en service la première installation industrielle de captage du CO2 atmosphérique, la société suisse entend développer son activité au niveau mondial. Elle estime pouvoir ainsi capter 1% des rejets mondiaux de carbone en 2025.

Une performance inégalée sur les autres marchés internationaux de commodités, estime un récent rapport de Carbon Tracker Initiative (CTI). Pour le ‘think tank’ spécialisé dans l’économie du carbone, plusieurs causes expliquent cette inflation.

réserve de stabilité du marché

Rejoignant l’avis d’Emilie Alberola, responsable des politiques climatiques et marchés d’Eco Act, les experts de CTI soulignent l’effet positif de la mise en œuvre effective de la réserve de stabilité du marché (RSM) qui, en gelant des masses importantes de quotas, crée de la rareté, contribuant à rehausser les prix.

1,4 milliard de quotas

Dès janvier 2019, la MSR captera les quotas qui n’auront pas trouvé preneurs lors des mises aux enchères. C’est aussi dans la MSR que seront transférés les 900 millions de quotas gelés entre 2014 et 2017. Selon CTI, le volume de quota pourrait ainsi être réduit de 1,4 milliard entre 2019 et 2023.

Cette rareté annoncée a provoqué une hausse des achats des secteurs de l’électricité et de l’aviation, estime CTI. Le consultant milite pour une inflation accrue du prix du carbone. A mesure qu’ils progresseront, les prix du quota réduiront la compétitivité des centrales au charbon ou au lignite. Supposant que la courbe des prix oscille entre 35 et 40 € entre 2019 et 2023, les économistes parient sur une baisse cumulée d’émission de 400 millions de tonnes de CO2 durant la période: presque l’équivalent d’une année de rejets carbonés français.

 



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