Le Québec va durcir sa loi sur les pesticides

Le 24 novembre 2015 par Romain Loury
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
David Heurtel
David Heurtel
DR

Le Québec s’apprête à muscler son «Pesticides Act», en limitant fortement l’usage des produits les plus toxiques pour la santé et l’environnement, a annoncé dimanche 22 novembre David Heurtel, son ministre du développement durable, de l’environnement et de la lutte contre les changements climatiques.

Parmi les pesticides dans le viseur du ministre, l’herbicide atrazine, l’insecticide chlorpyriphos et ceux de la classe des néonicotinoïdes, ces derniers étant accusés de favoriser la mortalité des abeilles. Dévoilé dimanche, le plan, qui fera l’objet cet hiver d’un amendement à la Loi québécoise sur les pesticides en vue d’une entrée en vigueur au printemps, prévoit des taxes sur les pesticides en fonction de leur niveau de toxicité.

Pour les produits jugés les plus dangereux, dont l’atrazine et les néonicotinoïdes, il est question de n’autoriser leur usage qu’après prescription par un ingénieur agronome. Au-delà de l’agriculture, David Heurtel propose un triplement des substances interdites à l’usage domestique ou en ville, leur nombre passant de 20 à 60.

Pour l’atrazine, dont l’usage est interdit dans l’Union européenne depuis 2003, il s’agit de la première fois qu’un territoire nord-américain tenterait d’en restreindre l’usage. Saluant une «victoire», l’association Equiterre et la Fondation David Suzuki y voient «un pas dans la bonne direction», même si elles «auraient souhaité voir les pesticides les plus à risque interdits».

Les apiculteurs doutent

Interrogé par CBC News, Alexandre Beaudoin, porte-parole de Miel Montréal (coopérative d’apiculteur urbains et ruraux), se montre plus sceptique: «nous aimerions connaître le nom de certains de ces pesticides et comprendre si l’objectif est de les interdire ou de réduire leur usage d’un certain pourcentage (…) nous aimerions aussi savoir comment les agronomes vont procéder pour évaluer si un pesticide doit ou ne doit pas être utilisé».

Quant au président général de l’Union des producteurs agricoles du Québec (UPA), Marcel Groleau, il dénonce dans un communiqué «des solutions bureaucratiques déconnectées de la réalité du terrain». Selon lui, «les plus petites entreprises agricoles seront des cibles de choix car elles n’ont pas les moyens ou le temps de suivre le rythme des exigences administratives toujours plus contraignantes».

En juin, l’Ontario a annoncé des mesures drastiques contre les semences enrobées aux néonicotinoïdes. Il s’agit de ne pas autoriser les agriculteurs à planter ces graines sur plus de 50% de leur surface en soja et maïs, avec des dérogations uniquement devant la présence avérée d’un insecte ravageur. Et en 2017, l’Etat prévoit de passer à 0%, tout en conservant les dérogations.



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus