Le putois bientôt espèce protégée?

Le 10 décembre 2018 par Romain Loury
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Le putois d'Europe (Mustela putorius)
Le putois d'Europe (Mustela putorius)

Le Conseil de la protection de la nature (CNPN) a émis fin novembre un avis favorable au classement du putois d’Europe comme espèce protégée. Une urgence, tant ce mustélidé connaît en France un inquiétant déclin.

A l’origine de la décision du CNPN, qui n’a pas encore été rendue publique, un rapport publié en mai 2017 par la Société française pour l’étude et la protection des mammifères (SFEPM). Victime de la chasse, des collisions routières et de la destruction de son habitat (dont les zones humides et les haies), ce petit mustélidé est «dans une situation très défavorable. Bien qu’[il] paraisse relativement commun dans certains secteurs, son état de conservation apparaît mauvais au niveau national», indiquait l’association.

Si l’espèce est protégée dans plusieurs pays d’Europe (Italie, Royaume-Uni, Suisse, plusieurs Etats allemands et provinces espagnoles), et y même fait l’objet de réimplantations, la France la considère encore comme «susceptible d’organiser des dégâts», nouvelle dénomination, depuis la loi biodiversité de 20016, pour «nuisible». Dans les faits, ce statut ne s’applique que dans trois départements (Pas-de-Calais, Loire-Atlantique, Vendée), le putois étant considéré ailleurs comme «espèce chassable».

Un avis consultatif

Comme tout avis du CNPN, celui-ci n’est que consultatif, et la décision revient au gouvernement. «Que ce soit chez les associations ou parmi les chercheurs, toutes les données convergent: le putois est une espèce en déclin, ce n’est pas une espèce qui fait polémique. Si la décision n’est pas prise par le gouvernement [qui a lancé un plan biodiversité début juillet, ndlr], c’est à n’y rien comprendre», explique Pierre Rigaux, administrateur de la SFEPM, contacté par le JDLE.

Outre l’interdiction de chasse et de piégeage que ce statut offrirait au putois, il permettrait «une meilleure protection de son milieu : quand un mammifère est inscrit à la liste des espèces protégées, son milieu l’est aussi», ajoute-t-il.

En mars 2002, le gouvernement Jospin avait ôté le putois de la catégorie des espèces nuisibles, au même titre que la martre et la belette, au motif que ces espèces n’engendraient aucun dégât important. Les trois espèces avaient été réintégrées à la liste en novembre 2002, sous le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin.



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