Les premières touches du remodelage de la Loire

Le 30 mars 2018 par Stéphanie Senet
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La ligne d'eau a baissé à cause de la navigation et de l'extraction de sable
La ligne d'eau a baissé à cause de la navigation et de l'extraction de sable

Voies navigables de France (VNF) lance, ce 30 mars, une concertation autour du rééquilibrage du lit de la Loire, dont les niveaux d’eau s’abaissent.

Le projet de remodeler le lit de la Loire de façon latérale et longitudinale est officiellement lancé par VNF, le maître d’ouvrage, en collaboration avec l’Etat, l’Agence de l’eau Loire-Bretagne, la région, le GIP[1] Loire-Estuaire et le Conservatoire des espaces naturels des Pays de la Loire.

 

Affaissement du lit

Entre Les Ponts-de-Cé et Nantes, sur 90 kilomètres, le fond du lit s’est enfoncé et la ligne d’eau d’étiage a baissé. La pente et les vitesses d’écoulement du fleuve ont aussi augmenté, ce qui entraîne la déstabilisation des berges et des ponts. Les annexes fluviales ont été déconnectées du bras principal, ce qui brise de nombreuses continuités écologiques. Enfin, la marée et le bouchon vaseux pénètrent plus loin dans l’estuaire. Des phénomènes liés au développement de la navigation, à la création d’un chenal profond, à la mise en place de 750 épis[2] sur ce tronçon au cours du XXe siècle, mais aussi à l’extraction massive de sable.

 

Transformation d’épis et transition

Pour rehausser la ligne d’eau, VNF propose d’intervenir sur trois secteurs. A Ingrandes-Le Fresne-sur-Loire et Montjean-sur-Loire, l’idée est de transformer 35 épis (abaissement, suppression ou raccourcissement) pour libérer des sédiments. Entre Anetz et Oudon, 124 épis sont concernés, avec suppression des ouvrages perpendiculaires à l’écoulement sur le bras secondaire du Bernadeau. Enfin, entre Sainte-Luce-sur-Loire et Saint-Julien-de-Courcelles, le projet est de créer une zone de transition entre la Loire estuarienne aval, profonde et chenalisée, et la Loire amont à restaurer. Plusieurs variantes sont proposées, visant pour la plupart à rétrécir le chenal en étiage et à marée basse.

 

42 millions d’euros

Au total, les études et les travaux (prévus entre 2020 et 2023) sont estimés à 42 millions d’euros, financés à hauteur de 45% par l’Agence de l’eau, 30% par la région, 20% par l’Union européenne (Feder Loire) et 5% par VNF.

La concertation est pilotée par Emmanuelle Albert pour la Commission nationale du débat public (CNDP). Le public est invité à s’informer et à participer au débat jusqu’au 29 avril.

 

 


[1] Groupement d’intérêt public

[2] Un épi est un ouvrage en enrochement, perpendiculaire au lit du fleuve, destiné à améliorer les conditions de navigation en concentrant les écoulements

 



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