Le projet d’interconnexion franco-anglaise ne convainc pas l’Ae

Le 26 septembre 2016 par Valéry Laramée de Tannenberg
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De nombreux liens électriques restent à tisser.
De nombreux liens électriques restent à tisser.
RTE

Ce câble électrique sous-marin de 1,4 GW à courant continu, qui doit relier le Cotentin à Exeter via Aurigny, pourrait être mis en service d’ici à 2022.

Le Royaume-Uni a peut-être décidé de quitter l’Union européenne, mais il reste solidement arrimé à l’Europe de l’électricité. Et pour renforcer sa sécurité d’approvisionnement (incertaine lors des hivers très rigoureux), Londres et Paris sont convenus d’accroître la capacité de transport de courant entre l’Hexagone et la Grande-Bretagne.

4 câbles à poser
D’ici à 2022, 4 nouveaux câbles sous-marins (pour une puissance totale de 1,4 gigawatt électrique) seront posés sur le fond de la Manche pour relier les systèmes électriques des deux rives. L’un de ses liens est le FAB (pour France-Aurigny-Britain), un câble long de 220 kilomètres, qui raccordera le poste électrique de Menuel (Manche) à celui d’Exeter dans le comté de Devon au sud de l’Angleterre. Le tout en passant par Aurigny. Peu gourmande en électricité, l’île anglo-normande entend profiter du passage du FAB pour développer d’importantes fermes hydroliennes. Le coût total du projet est estimé à 780 millions d’euros, dont 242 M€ pour la partie française.

RTE à la barre française

Côté français, ce projet d’intérêt communautaire est porté par le gestionnaire de réseaux de lignes à haute tension, RTE[1], dont le dossier vient d’être examiné par l’Autorité environnementale (Ae). L’Ae n’a été saisie que de la partie française du projet. Elle reconnaît que l’étude d’impact terrestre est de qualité et que le tracé a été prévu pour générer le moins d’impacts possible sur la faune et la flore.

Un site Natura 2000 atteint

Ce n’est pas le cas de la partie marine. L’Ae souligne que le bureau d’études en charge de l’étude d’impact a fait l’impasse sur certains documents ou travaux scientifiques, concernant les impacts sur la zone Natura 2000 de l’Anse de Vauville (dont 123 hectares pourraient être détruits, soit 1% de la superficie du site), ainsi que sur certains mammifères marins et oiseaux de mer. L’Ae s’interroge aussi sur l’absence de tracé sous-marin définitif, et sur le choix des techniques d’atterrage, d’ensouillage et d’enfouissement des câbles. Beaucoup d’imprécisions, regrette encore l’Ae, sur la configuration du poste de transformation qui sera construit à Menuel, sur la localisation des chambres de jonction, etc.

Problèmes méthodologiques

«Ces imprécisions, courantes à ce stade pour des projets de cette envergure, pèsent ici sur la qualité de l’étude d’impact en raison de problèmes méthodologiques dans la réalisation de cette dernière. En effet, bien que le dossier spécifie clairement que les techniques mises en œuvre ne sont pas toutes définies à ce jour (les entreprises proposeront leurs scénarios optimaux), et que le parti est pris de considérer le scénario réaliste le plus défavorable, la suite de l’étude montre les limites de cette approche quand le scénario le plus défavorable pourrait conduire à mettre en évidence un effet notable (vocabulaire de l'étude d'impact) ou significatif (vocabulaire de l'évaluation des incidences Natura 2000)», explique l’Ae.

L’étude d’impact ne prend pas non plus en compte les effets cumulés du projet FAB avec la construction du parc éolien marin de Saint-Brieuc, «notamment en matière d'impacts acoustiques sur les mammifères marins».

 



[1] L’autre maître d’ouvrage est FAB Link, société de droit guernesiaise.

 



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