Le programme du syndicat des énergies renouvelables

Le 19 janvier 2012 par Geneviève De Lacour
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Contrairement à la plupart des formations politiques, le Syndicat des énergies renouvelables (SER) à un programme, mais pas de candidat. Jeudi 19 janvier, son président a présenté le Livre blanc du lobby français des renouvelables. Dans ce pavé de plus de 200 pages, le SER dresse un bilan des filières françaises —atouts et faiblesses— et propose 12 idées pour dynamiser le secteur.

Un secteur dont certaines des filières sont en piètre état. Du fait des stop and go tarifaires du gouvernement, le photovoltaïque a perdu 7.000 emplois l’an passé, estime le SER. Soit 28% du total. D’où cet impératif pour Jean-Louis Bal: «Mettre un terme à l'instabilité du cadre juridique et tarifaire». Le président du SER craint une baisse, pour le premier trimestre de 2012, de 9,5% du tarif de rachat de l’électricité photovoltaïque.
 
Dans leur livre blanc, les industriels préconisent donc de modifier le système de décroissance du tarif et de généraliser le photovoltaïque dans les règles d'urbanisme et de réglementation thermique. Ceci permettrait de donner un véritable coup de fouet à l’activité. En septembre 2011, la puissance du parc, raccordé au réseau, a atteint 2.384 mégawatts crête, selon le Commissariat général au développement durable. En banalisant l’installation de panneaux sur les immeubles, la puissance pourrait atteindre 20.000 MWc, en 2020. Soit près de 4 fois l’objectif fixé par le Grenelle Environnement. De quoi tripler le nombre actuel d’emplois de la filière.
 
Malgré l’accroissement de 15% du parc en 2011, le SER souhaite donner un nouveau souffle à l’éolien. En desserrant, par exemple, le carcan administratif qui pèse sur les turbines, en supprimant le problème de la double autorisation pour l’implantation, en réduisant le nombre des recours abusifs ou la règle des 5 éoliennes minimum. «Chaque année il faudrait 1.200 à 1.300 MW installés». En 2011, rappelle RTE, ce sont 875 MW, seulement, qui ont été raccordés au réseau. Pour accélérer la cadence, le SER suggère de lancer rapidement le second appel d’offres concernant l’éolien marin. La Direction générale de l’énergie et du climat le promet pour le mois d’avril prochain.
 
Le réseau hydroélectrique subit quant à lui la superposition de couches réglementaires, «un vrai millefeuille» qui entrave son développement, selon le SER. Signée en 2010, la convention pour le développement de l’hydroélectricité durable prévoit une production supplémentaire de 3 térawattheures (+6%) et une augmentation de la capacité de production en pointe de 3.000 MW à l’horizon 2020 (+12%).
 
«Nous sommes très mal partis», pour atteindre cet objectif, déclare Marion Lettry, la responsable du département éolien, hydraulique et énergies marines du SER. En cause: le renouvellement (très tardif) des concessions hydroélectrique pour le quart du parc. Ce rebattage des cartes se concrétisera par des travaux de modernisation et d’up-grading, qui réduiront quelques années durant le «productible» des centrales. Autre frein: la loi sur l’eau et les milieux aquatiques (Lema) qui réduit les débits pouvant être turbinés, notamment par les plus petites centrales. Proposition du SER: lancer des appels d’offres pour la construction de nouvelles installations.
 
La chaleur renouvelable fait souvent figure de parent pauvre de la politique énergétique tricolore. Aussi le SER recommande-t-il de doubler la dotation annuelle du fonds Chaleur et de dynamiser l’exploitation forestière en incitant les propriétaires privés à valoriser leurs forêts. Il préconise aussi d’adapter le contexte législatif de la géothermie, notamment pour la très basse énergie.
 
Pour la biomasse, le SER estime qu’il est nécessaire de baisser de 5 à 2 mégawatts électriques le seuil d’obligation d’achat de l’électricité et de lever les freins au développement de la méthanisation en favorisant les installations collectives et territoriales, c’est-à-dire en associant plusieurs fournisseurs sur une même installation.
 
Au total, si les pouvoirs publics suivaient sa feuille de route, le SER estime que la part des renouvelables dans la consommation d’énergie finale pourrait atteindre 34% en 2030, contre 13% fin 2010. Cela se traduit par des puissances installées de 55.000 MW éoliens (terrestres et maritimes), 40.000 MW photovoltaïques et 3.500 MW de biomasse électrique (y compris le biogaz).
 
Côté productions de chaleur, le bois et les déchets pourraient produire 12 millions de tonnes équivalent pétrole, le solaire thermique, les PAC et la géothermie 5,3 Mtep, et le chauffage domestique 7,4 Mtep.


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