Le prix du pétrole n’est pas prêt de baisser

Le 31 janvier 2014 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Mark Lewis : il n'y a pas (encore) de pic de la demande.
Mark Lewis : il n'y a pas (encore) de pic de la demande.
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Certains traders ne s’en sont toujours pas remis. Il y a quelques jours, toute la presse française ne parlait que de ça: les prix du pétrole pourraient s’effondrer. Sur la base de la seule étude du cabinet d’analyse financière AlphaValue, nombre de nos confrères, comme Le Parisien, annonçaient, triomphant, «un pétrole à moitié prix d’ici 2017».

Le pic de la demande?

Comment faire baisser de moitié le prix de l’or noir? Simple. Premiers consommateurs mondiaux de produits pétroliers, les Etats-Unis produisent de plus en plus de pétrole de schiste. Et si cette activité dure, l’Oncle Sam pourrait sans tarder subvenir à ses propres besoins, et ne plus rien importer. Cette chute de la demande mondiale ferait mécaniquement baisser les prix. D’autant que la consommation ne progresse plus non plus dans les autres pays industrialisés (Europe, Japon). Et qu’il en sera prochainement de même dans les grands pays émergents. Mais est-ce aussi simple?

Non, répond sans hésiter, le consultant spécialisé, Mark Lewis. L’ancien analyste de la Deutsche Bank rappelle quelques fondamentaux passés sous silence par ses confrères français. Certes, concède le pourfendeur de la «théorie du pic de la demande», la consommation de pétrole américaine a baissé. Entre 2009 et 2012, les Américains consommaient, en moyenne, 18,8 millions de barils de pétrole par jour. Soit 8,3% de moins que durant la période 2005-2008.

21 millions de barils par jour

A mesure que l’Hyper-puissance sort de la crise économique, la tendance s’inverse. L’an passé, la demande de brut US a progressé de 1,7% par rapport à 2012. Et durant les troisième et quatrième trimestres 2013, la consommation a bondi (par rapport aux mêmes périodes de 2012), respectivement de 3,2% et 3,8%. «Durant la semaine du 13 décembre, les Américains ont consommé 21 millions de barils par jour, du jamais vu depuis 2008», précise notre expert.

Le retour de la croissance explique, en partie, cet appétit retrouvé. Mais pas seulement. Le pétrole de schiste est un hydrocarbure léger qui n’est pas idéal pour fabriquer des produits à haute valeur ajoutée comme le gazole. Résultat, les raffineurs américains l’utilisent pour fabriquer de l’essence, dont les prix à la pompe US ont, en toute logique, baissé entre 2012 et 2013. Relançant les SUV et autres 4x4 gloutons sur les routes et les pistes. L’Américain n’est pas rassasié. Loin s’en faut.

«On oublie, en effet, poursuit Mark Lewis, que la démographie reste dynamique aux Etats-Unis.» De 2007 à 2012, le pays a gagné 14 millions d’habitants. En 2050, on pourrait compter 400 millions d’Américains, contre 318 millions en 2012. «Dans de telles conditions, et même si l’efficacité énergétique continue de progresser, je ne vois pas comment les pétroliers américains pourront satisfaire tous les besoins de cette population en croissance. Et comment donc le pétrole pourrait voir son prix diviser par deux en trois ans.» CQFD.

 



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