Le prix des entreprises les plus irresponsables de l’année

Le 31 janvier 2011 par Célia Fontaine
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La « pire entreprise de l'année » a été élue le 28 janvier en marge du Forum économique mondial de Davos (Suisse), qui s’est tenu du 26 au 30 janvier 2011. Les Public Eye Awards (PEA) ont désigné comme lauréat 2011 Neste Oil (prix du public), le producteur finlandais qui produit son agrocarburant avec de l’huile de palme, tandis que le prix du jury revient à l’entreprise minière sud-africaine AngloGold/Ashanti.

A l’instar des prix Pinocchio décernés par Les Amis de la terre (dans le JDLE), les ONG la Déclaration de Berne (DB) et Greenpeace Suisse[1], réunies au sein de Public Eye, dénoncent les pratiques des entreprises qui ne respectent pas l’environnement et les droits humains.

En 2010, le groupe suisse Roche avait décroché la palme pour ses essais pharmaceutiques en Chine, ainsi que la Royal Bank of Canada, pour son financement de l'extraction de pétrole à partir de sables bitumineux. Cette année, plus de 50.000 personnes ont souhaité que Neste Oil rejoigne le « Mur de la honte » sur le site de l’événement.

« En 2012, Neste Oil ambitionne d’utiliser 2,.5 million de tonnes d’huile de palme, soit 5 % de la production mondiale, pour son diesel. Elle deviendra ainsi le plus gros acheteur d’huile de palme au monde », précise Public Eye. Or la demande croissante en huile de palme entraîne toujours plus d’expropriations de terrains et de destruction de forêt tropicale en Indonésie et en Malaisie, mettant en péril l’habitat d’espèces menacées comme l’orang-outang. La production de cette huile requiert en outre des produits chimiques qui empoisonnent l’eau, la terre, la faune, la flore et les habitants. Enfin, la destruction des tourbières émet de grandes quantités de CO2 dans l’atmosphère. Les associations ont constaté qu’au final, « le bilan CO2 du carburant de Neste Oil est effarant. Il est même plus élevé que celui du diesel classique »…

Sur la deuxième marche du podium : le pétrolier britannique BP, à l’origine de la marée noire qui a souillé le golfe du Mexique suite à l’explosion, le 20 avril 2010, de la plate-forme Deepwater Horizon (dans le JDLE). « Malgré cela, BP continue d’investir dans l’exploitation de pétrole à hauts risques » et donc persévère dans le comportement irresponsable, note Public Eye. La compagnie a annoncé, en décembre 2010, l’investissement de près de 1,6 milliard de dollars (1,16 milliard d’euros) pour l’exploitation des sables bitumineux canadiens « bien qu’il s’agisse de la forme la plus polluante d’extraction de pétrole », rappellent les associations.

Le cigarettier Philip Morris, qui a engagé une action en Uruguay pour contourner la loi antitabac nationale, portant ainsi atteinte à la politique de santé publique du pays, occupe la troisième marche du podium.

Prix du jury d’experts, l’entreprise minière sud-africaine AngloGold Ashanti est accusée d’empoisonner la terre et les habitants du Ghana dans le cadre de ses activités d’extraction de l’or. Des substances toxiques s’écoulent des décharges de déchets miniers, polluant les rivières et les sources d’eau potable qui alimentent de nombreux villages. Outre cette gestion désastreuse pour l’environnement, l’entreprise est accusée de maltraitance : « Le personnel de sécurité des mines s’est rendu coupable de torture et d’avoir lâché les chiens sur des personnes ‘suspectes’, entraînant plusieurs décès », peut-on lire sur le site des Awards.

L’objectif des Public Eye Awards est d’attirer l’attention sur la nécessité de fixer un cadre légal contraignant permettant d’augmenter la responsabilité sociale des entreprises.



[1] Les Public Eye Awards sont organisés depuis 2000. En 2009, Greenpeace Suisse a remplacé Pro Natura, ONG initialement organisatrice de l’événement avec DB.



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