Le prix de l’électron français repart à la hausse

Le 19 décembre 2016 par Valéry Laramée de Tannenberg
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il faudra payer pour maintenir en l'état des centrales de pointe.
il faudra payer pour maintenir en l'état des centrales de pointe.
EDF

La sécurité d’approvisionnement a un prix. Que nous allons tous devoir payer.

C’est un marché qui s’est ouvert dans la plus totale discrétion. Le 15 décembre dernier, les premiers échanges de garanties de capacité se sont déroulés sur la bourse européenne de l’électricité Epex Spot. A l’issue de ce premier round, qui a mobilisé les 29 acteurs de ce marché balbutiant, le montant unitaire des certificats s’est établi à 999,98 euros. Dit autrement, il en coûte 9.999,8 € pour s’assurer de disposer d’une capacité de production de 1 mégawatt (MW) durant l’année 2017.

Nouveau venu dans le paysage énergétique français, le marché de capacité est un mécanisme conçu par RTE. Validé début novembre par la Commission européenne, il vise à sécuriser l’approvisionnement en électricité, en incitant les électriciens à maintenir en service des centrales de pointe, généralement peu rentables.

Légalement, chaque fournisseur d’électricité est tenu de disposer de suffisamment de garanties de capacité pour satisfaire aux besoins de ses clients. Il peut acquérir ces garanties, certifiées par RTE, auprès d’exploitants de capacité de production ou d’effacement, qui s’engagent sur la disponibilité de leur moyen lors des périodes de pointe. Voilà, brièvement résumé, le mécanisme (ou marché) de capacité.

Pour la première fois depuis trois ans, les tarifs d’EDF Energy -la filiale britannique d’EDF- vont être revus à la hausse. Dès le mois de mars prochain, ils vont bondir de 8,4%. En cause: les difficultés d’approvisionnement outre-Manche (ce qui fait monter les prix) et la faiblesse de la livre par rapport à l'euro.

Selon le CLEEE, association de grands consommateurs d’électricité, les fournisseurs et les électriciens vont faire payer le prix de ces garanties à leurs clients. Selon les profils de consommation professionnelle, cette surfacturation ira de 1 à 2,5 €/MWh. Soit 2,5 à 6% de majoration.

Aucune règle n’est pour l’heure fixée, mais chaque énergéticien et fournisseur entend répercuter au plus vite cette hausse sur toutes leurs factures, y compris celles adressées aux clients restés aux tarifs réglementés. Interrogé par Les Echos, Fabien Choné, patron de Direct Energie, confirme qu’il a saisi à ce propos la Commission de régulation de l’énergie (CRE). A charge pour le régulateur des marchés français de l’énergie de proposer une méthode d’intégration de ces nouveaux coûts au ministère chargé de l’énergie qui, seul, aura le dernier mot.



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