Le principe de précaution remis en cause

Le 12 octobre 2007 par Claire Avignon
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
charte de l'environnement
charte de l'environnement

Jacques Attali veut remettre en cause le principe de précaution car il affecterait la croissance française. Les ONG et la secrétaire d'Etat à l'écologie sont immédiatement venus au secours de ce principe adopté il y a deux ans par la France.

Après Jean Syrota qui remet en cause le facteur 4 (1), c'est au tour de Jacques Attali de mettre un pavé dans la marre du Grenelle en mettant en cause l'adoption en 2005 du principe de précaution dans la charte de l'environnement qui possède une valeur constitutionnelle. D'après l'édition du jour du Figaro, un membre de la commission pour la libération de la croissance (CLCF), présidée par l'ancien conseiller de François Mitterrand, a estimé que l'économie française «doit innover » et que «dans l'innovation il y a forcément une part d'incertitude, un risque à assumer.» Pour un autre membre, «avec le principe de précaution nous n'aurions pas eu d'antibiotiques -trop risqué à créer- pas d'internet -par crainte des images pédophiles- sans parler des voitures...» La CLCF demande donc à Edouard Balladur, missionné par le président de la République pour réformer les institutions, d'intégrer la modification constitutionnelle qu'exige l'abandon du principe de précaution dans les premières conclusions qu'il doit rendre dans une dizaine de jours.

Répliquant dans une interview accordée au Monde.fr, Nathalie Kosciusoko-Morizet, actuelle secrétaire d'Etat à l'écologie et rapporteure de la charte de l'environnement, y voit une «vision réactionnaire». Elle explique: «Le principe de précaution est un axe, non pas pour casser l'industrie ou interdire la recherche, mais au contraire pour inventer une nouvelle économie, pour trouver des avantages concurrentiels sur de nouveaux secteurs, de l'environnement, des énergies renouvelables, de la chimie verte, pour inventer une nouvelle croissance.»

Pour Alliance pour la planète, Jean Syrota et Jacques Attali représentent «le retour des ringards» au moment où «se négocient des solutions à la crise écologique». Une analyse que partage en partie la secrétaire d'Etat qui estime, toujours sur le site lemonde.fr, qu'«il est normal qu'au moment où l'on a, avec le Grenelle de l'environnement, une démarche forte, une démarche de rupture, un certain nombre de conservatismes se remobilisent. C'est un sujet sur lequel les élites sont plutôt en retard sur les Français.»



(1) Voir l'article du JDLE intitulé «Polémique sur le facteur 4»




A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus