Le président du Giec à Paris

Le 06 novembre 2014 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Rajendra Pachaury
Rajendra Pachaury

Alors que Rajendra Pachaury présentait les messages-clés du 5e rapport du Giec, le ministre français des affaires étrangères a rappelé les enjeux d’un accord climatique universel.

 

Branle-bas de combat climatique, hier mercredi 5 novembre, au ministère de l’écologie. Devant des centaines de climatologues, d’étudiants, de responsables associatifs, et d’une poignée de journalistes, Rajendra Pachaury a rappelé les principaux messages des 4 tomes du dernier rapport du Giec[1], organisation qu’il préside.

 

Rien de nouveau que le lecteur du JDLE n’ait déjà lu: le changement climatique est en route; la responsabilité humaine n’est pas contestable; si la tendance n’est pas infléchie, le réchauffement sera supérieur à 3°C; il est encore possible d’agir efficacement. «Le coût de l’inaction sera effroyablement plus élevé que le coût de l’action», a conclu le scientifique indien.

 

Scepticisme, attentisme ou volontarisme

 

Quelques minutes plus tôt, le ministre des affaires étrangères et du développement international avait précisé le calendrier de l’action de la France, en la matière. Saluant la qualité du travail du Giec, Laurent Fabius a tout d’abord souligné que le rapport «ne laissait plus de place pour le doute». Fustigeant le «climato-scepticisme» et le «climato-fatalisme», le locataire du Quai d’Orsay a rappelé que l’attentisme conduirait à un réchauffement de 3 à 6°C d’ici la fin du siècle, avec pour effet la survenue d’un tombereau de catastrophes: accroissement des événements climatiques extrêmes, montée du niveau des mers, menace sur la sécurité alimentaire.

 

Endossant les habits du «climato-volontariste», l’ancien Premier ministre a confirmé que la communauté internationale devait abattre de 40 à 70% ses émissions de gaz à effet de serre d’ici M€ 2050, pour stabiliser le réchauffement en deçà des 2°C. La diplomatie climatique sera-t-elle suffisante pour relever pareil défi? Laurent Fabius le croit encore. «Je suis diplomate, mais soyons lucides: à l’exception de Kyoto, toutes les conférences sur le climat ont été décevantes.» La faute à de piètres organisations, mais aussi à «l’hostilité de certains pays» à la conclusion du moindre accord.

 

La situation a changé

 

Fort heureusement, estime-t-il, «la situation a changé». «La réalité s’est aggravée: la Chine fait face à des problèmes environnementaux. Obama est convaincu de la nécessité d’un accord sur le climat. L’Union européenne est la première à présenter ses objectifs pour l’après-2020. Cela doit servir d’aiguillon.» Pour mémoire, l’Union européenne avait adopté son paquet Energie Climat avant que ne débute le sommet climatique de Copenhague, au cours duquel aurait pu être conclu un accord mondial.

 

Reconnaissant la réticence à s’engager de «certains gouvernements», Laurent Fabius a indiqué que l’accord qui pourrait être signé à Paris en décembre 2015 devrait «comporter 4 points». D’une part, les Etats devront s’engager à participer à la stabilisation du réchauffement à 2°C. D’autre part, ils devront présenter les efforts qu’ils comptent engager d’ici 2025-2030. Ensuite, une part de l’accord devra porter sur les financements et les technologies que les pays les plus riches mettront à disposition des plus modestes. Enfin, une part sera réservée aux «solutions qu’apporteront les grandes villes, les grandes régions et les grandes entreprises».

 

Conséquences irréversibles

 

Pratiquement un an avant l’ouverture du sommet de Paris, le calendrier est déjà bien rempli. Dans quelques jours s’ouvrira à Lima la 20e conférence des parties à la convention de l’ONU sur les changements climatiques (COP 20). Elle devra accoucher, en principe, d’une première ébauche d’accord.

 

La mobilisation se poursuivra, a rappelé le ministre, à l’occasion des sommets du G7, du G20, du sommet économique de Davos, et bien sûr de la conférence de Paris, la déjà fameuse COP 21. Un échec? Laurent Fabius n’ose pas y penser: «Cela génèrerait des conséquences irréversibles que nous ne pourrions rattraper».



[1] Giec: Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat

 



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