Le premier grand cru bordelais bio

Le 05 mars 2012 par Geneviève De Lacour
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1er Grand cru classé et premier bio.
1er Grand cru classé et premier bio.

Château Guiraud est le premier grand cru classé de la classification de 1855 des vins de Bordeaux à être labellisé agriculture biologique (AB) pour le millésime 2011. Une première qui pourrait inspirer d'autres grands noms du vignoble.

Xavier Planty, propriétaire du domaine mais également agriculteur engagé depuis 1996 dans une démarche d’agriculture biologique, évoque avoir éprouvé un «ras-le-bol» des traitements phytosanitaires sur ses cultures de maïs et sa vigne personnelle de 15 hectares. La mort d'un cancer, en 1994, d'un ami chef de culture ayant passé sa vie au milieu des produits chimiques l'a convaincu de travailler autrement.

En collaboration avec Jacques Moreau, un ingénieur agronome, le vigneron a d’abord travaillé sur 12 hectares en commençant par régénérer les sols avec des composts liquides afin de retrouver une végétation herbacée entre les ceps.

«Au lieu de nourrir le sol avec de l'engrais, on le nourrit avec des bactéries, des populations telluriques classiques comme dans tout sol forestier. C'est facile de faire du bio», lance Xavier Planty.

«Toutes les épidémies de mildiou (maladie cryptogamique, apparue en France à la fin du XIXe siècle) sont recensées, on peut anticiper les traitements préventifs mais aussi la météo à 8 jours», dit-il, rajoutant: «Et c'est hallucinant d'assister au retour de la faune et de la flore, avec le bonheur de revoir des papillons et des insectes que je ne voyais plus depuis longtemps».

Une étude faite sur les 100 hectares de ce premier grand cru classé de Sauternes a recensé 635 espèces d'insectes, contre moins de 200 dans les vignes cultivées de manière conventionnelle. Ce renouveau de la biodiversité est notamment dû à la plantation de 6 kilomètres de haies capables d'abriter des insectes et de les nourrir au printemps. Résultat, depuis 2004, le viticulteur n’utilise plus d'insecticides.

Château Guiraud est le tout premier grand cru classé à avoir franchi le pas, mais le premier domaine classé à produire du vin bio a été le château Fonroque, grand cru classé dans le Saint-Emilion, certifié dès 2006.

Si l'Aquitaine est la troisième région quant à la surface viticole bio, derrière le Languedoc-Roussillon et Provence-Alpes-Côte d’Azur, avec 300 exploitations certifiées AB et 400 en cours de conversion, les domaines classés demeurent peu nombreux.

Xavier Planty affirme néanmoins qu'un «mouvement est en train d'apparaître» dans les grands noms du Bordelais.

«Il y en a qui font du bio mais ne le disent pas», indique-t-on au syndicat des vignerons bio d'Aquitaine. D'autres, n'ayant pas la certification, assurent en faire mais omettent de dire qu'il s'agit de tests sur quelques rangées de vignes...

«Pour nous ce n'est pas du marketing, c'est une philosophie. Notre souhait est que le plus grand nombre fasse de même», ajoute Caroline Blondeel, commerciale au Château Fonroque.

Le château Fonroque dispense des conseils aux vignerons désireux d'opérer la conversion dans l'agriculture biologique qui «permet de protéger non seulement l'environnement (sol, nappes phréatiques, air, etc.) mais aussi le personnel qui travaille dans le vignoble».

Le mouvement se répand aussi dans les autres régions viticoles de France. Le domaine Leroy produit des Corton-Charlemagne, des Richebourg, des Vosne-Romanée ou des vins de Clos de Vougeot, issus de vignes cultivées en biodynamie.

Réunissant la plupart des grands crus bio français, européens, américains ou néo-zélandais, l’association la Renaissance des appellations recense environ 180 vignerons «bio».

 

 



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