Le premier bilan du patron de l’AFB

Le 14 septembre 2017 par Valéry Laramée de Tannenberg
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L'entrée du riant siège de l'AFB, à Vincennes.
L'entrée du riant siège de l'AFB, à Vincennes.
VLDT

Nommé en mars 2016, Christophe Aubel a dressé, jeudi 14 septembre, un premier bilan de son action à la tête de l’Agence française pour la biodiversité (AFB). Une agence installée au début de l’année.

 

Le siège parisien de l’AFB mérite le détour. Coincé entre l’hôpital militaire Bégin et le fort de Vincennes, il est installé dans un immeuble de bureau sans âme, lui-même plaqué sur une dalle des plus minérales. Peu de plantation en pleine terre. Et pour cause, elle est polluée. Occupant les bureaux de l’ex-Onema[1], l’AFB est installée sur l’ancien terrain de l’usine chimique de Kodak qui avait copieusement inondé sol, sous-sol et nappes phréatiques de solvants chlorés. On aurait pu rêver mieux.

Omniprésence

Mais comme le rappelle son directeur général, l’agence compte trois pôles principaux[2] et elle est présente dans 10 régions, tous les départements et la plupart des territoires ultra-marins. Plus d’un an après sa nomination, Christophe Aubel dresse un premier bilan à la tête de l’institution, qui a succédé à l’Onema, l’agence des aires marines protégées, l’atelier technique des espaces naturels et qui garde sous sa coupe les parcs nationaux, terrestres et marins.

Tutelle complexe

Forte de 1.300 personnes (essentiellement issues des organismes qu’elle a fusionnés), l’AFB n’a pas chômé: mise en place des structures, acculturation des équipes, développement des relations avec une tutelle complexe (un ministre d’Etat et deux secrétaires d’Etat sans attribution précise). «Pour l’instant, nous n’avons pas connu de trou d’air», sourit Christophe Aubel. Le plus dur, il est vrai, reste à faire.

Sensibiliser et engager les Français

La tâché allouée à l’agence par la loi sur la biodiversité est simple: sensibiliser et engager les Français à protéger leur patrimoine naturel, dans sa complexité. «Nous devons réussir à faire pour la biodiversité ce que nous avons réussi pour le climat», résume l’ancien vice-président du comité français de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).

Pour l’heure, une campagne de publicité triennale est prévue. Trois années durant, lecteurs et téléspectateurs verront défiler spots et messages leur rappelant l’importance pour la société de la préservation des milieux et des espaces qui y sont assujettis.

Décliner localement la stratégie nationale

La publicité, seule, n’y suffira pas. Pour faire percoler l’idée, l’intérêt de toutes les parties prenantes est requis. L’AFB est en discussion avancée avec plusieurs régions pour initier la création d’agences régionales de la biodiversité qui déclineront, localement, la stratégie nationale. «Les conventions de préfiguration sont déjà signées avec l’Occitanie, le Centre-Val de Loire, Provence-Alpes-Côte d’Azur et la Normandie. Et les choses devraient prochainement se décanter avec la Bretagne et l’Ile-de-France», confirme l’ex-administrateur de France Nature Environnement (FNE).

Même dynamisme vis-à-vis des agents de la fonction publique. Des conventions sont en cours de signature avec le centre national de la fonction publique territoriale pour injecter de la biodiversité dans la formation continue des fonctionnaires.

Entreprises et fonctionnaires

Le monde économique n’est pas oublié. En novembre dernier, l’AFB a organisé un forum ‘Economie et biodiversité’. Pas anecdotique, «si l’on se souvient que la loi Biodiversité a été voulue par les ONG, pas par le monde de l’entreprise, contrairement au texte sur la transition énergétique».

Sur le terrain, les choses évoluent doucement. Avec le premier budget (244 millions d’euros, dont 145 en provenance des agences de l’eau), «nous avons enfin pu doter de bateaux les agents de tous les parcs marins».

L’avenir s’annonce chargé: «Nous devons élaborer un contrat d’objectifs et de performances pour 2019». Au menu probable: la relance de la stratégie nationale et ses déclinaisons locales, la mise en œuvre de politiques sectorielles (lutte contre les pollutions[3], artificialisation des sols). Il faudra trouver aussi un modus vivendi avec le cousin fâché: l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), également en charge de la police de l’environnement et de la gestion de quelques espèces symboliques, comme l’ours et le loup.

 

La feuille de route est longue. Mais Christophe Aubel veut progresser rapidement. «Nous bénéficions d’un regard politique bienveillant», se félicite-t-il. Cela pourrait ne pas durer éternellement.

 



[1] Onema: Office national de l’eau et des milieux aquatiques 

[2] Vincennes, Brest et Montpellier.

[3] L’AFB participe à la gestion du programme écophyto, notamment.

 



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