Le préfet d’Auvergne-Rhône-Alpes veut 100 retenues d’eau au plus vite

Le 07 novembre 2019 par Stéphanie Senet
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Les projets de territoire tombent à l'eau en Auvergne-Rhône-Alpes
Les projets de territoire tombent à l'eau en Auvergne-Rhône-Alpes

Le préfet de la région Auvergne-Rhône-Alpes a demandé aux préfets de département d’identifier rapidement cent projets prioritaires de retenues collinaires.

La demande a été expressément formulée dans une lettre datée du 9 octobre. S’adressant aux préfets de département, Pascal Mailhos leur demande d’identifier 100 projets prioritaires de retenues collinaires à réaliser dans les meilleurs délais. Le préfet de la région ajoute que cette mission lui a été confiée par le Président de la République le 4 octobre, en marge du Salon de l’élevage. «Eu égard au montant des indemnisations sécheresse de 70 millions d’euros pour la région en 2019, il semble nécessaire de privilégier le préventif au curatif en finançant des projets de retenue», écrit-il.

Quatre mois plus tôt, le préfet de région leur avait demandé de s’appuyer sur un modèle de protocole –mis en place dans le Rhône- pour accompagner la concertation autour de nouveaux projets de retenues d’eau dans le cadre de projets de territoire.

Revirement d’un préfet

Pour la petite histoire Pascal Mailhos a officié comme préfet de Haute-Garonne et de la région Occitanie jusqu’à octobre 2018. Une fonction au sein de laquelle il fut «le torpilleur principal du projet de lac de Caussade porté par la chambre d’agriculture du Lot-et-Garonne», rappelle son président Serge Bousquet-Cassagne. Très en colère, le président affirme dans la France agricole que Pascal Mailhos serait le seul préfet de région à avoir communiqué ce type d’instruction. Il saisit en tout cas cette occasion pour saisir la préfère du Lot-et-Garonne et lui demander de nouveau une l’autorisation administrative de créer une retenue à Caussade. Un projet qui avait été annulé sur décision préfectorale en octobre 2018.

Contraire aux projets de territoire

Cette demande expresse va totalement à l’encontre des projets de territoire proposés par le rapport Bisch et retenus en conclusion des Assises de l’eau à hauteur d’une cinquantaine en 2022 et d’une centaine en 2027. L’idée, précisée à l’issue de 18 mois de concertation avec tous les représentants, est de partager les usages de l’eau et de réfléchir à de nouvelles pratiques agricoles et à des cultures plus économes en eau dans la perspective du réchauffement.

Revirement de l’Etat

Le courrier de Pascal Mailhos confirme en revanche le revirement annoncé par le ministre de l’agriculture pendant la sécheresse estivale. Didier Guillaume avait en effet annoncé, le 30 août dernier sur CNews, qu’il avait obtenu une instruction du Premier ministre pour créer de nouvelles retenues d’eau en France. «Une décision irresponsable qui méconnaît totalement la grave crise hydrologique que connaît la France», selon Florence Denier-Pasquier, de France Nature Environnement (FNE). «Il existe déjà des centaines de milliers de retenues en France et on voit déjà des problèmes de remplissage. En favorisant l’irrigation, on favorise la sécheresse. C’est une fausse solution face au dérèglement climatique», rappelle-t-elle.