Le poulet, réservoir d’infections urinaires?

Le 07 mars 2012 par Romain Loury
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Le poulet pourrait constituer une source importante d’infections urinaires par la bactérie Escherichia coli, selon une étude publiée par les centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC).

Selon l’Association française d’urologie (AFU), E. coli est responsable de 75 à 90% des 4 à 6 millions d’infections urinaires survenant chaque année en France. Une bactérie que la plupart des experts pensaient jusqu’alors ne provenir que de l’intestin du patient.

Cette unique origine peine toutefois à expliquer diverses séries de cas groupés rapportées à travers le monde, qui évoquent plutôt l’existence d’un agent commun [1]. Telle qu’une bactérie E. coli provenant d’une viande animale -comme la souche O157:H7 contaminant la viande de bœuf-, avancent Catherine Racicot-Bergeron, de l’université McGill de Montréal (Canada), et ses collègues.

Les chercheurs ont comparé 475 échantillons d’E. coli provenant de Canadiens atteints d’infection urinaire et 737 autres prélevés sur de la viande commercialisée (bœuf, porc, poulet). Ils ont également inclus 349 échantillons prélevés en abattoir, afin de s’assurer que les bactéries ne provenaient pas d’une manipulation de la viande.

Dans la plupart des cas, les souches prélevées chez l’homme présentaient un haut degré de parenté génétique avec celles du poulet, aussi bien au niveau de l’abattoir que du rayon viande. Bien plus rarement avec les E. coli issues du bœuf ou du porc, «ce qui confirme notre hypothèse selon laquelle le poulet est un réservoir probable d’E. coli pour les hommes», commentent les chercheurs.

Si les échantillons animaux et humains ont été prélevés à proximité géographique (dans la région de Montréal), il reste à démontrer un lien épidémiologique, à savoir si la consommation de poulet est réellement liée à la survenue d’une infection urinaire. Un point que les chercheurs sont actuellement en train d’étudier.

«La prévention des infections urinaires par E. coli pourrait commencer au niveau des élevages de poulet», commentent d’ores et déjà les CDC sur leur site internet. Se pose notamment la question des antibiotiques, dont l’usage abusif favorise l’apparition de résistances bactériennes, avec un risque pour la santé humaine. Parmi les E. coli responsables d’infections urinaires, le taux de résistance «dépasse largement» 40% pour l’une des classes les plus courantes, celle des aminopénicillines (amoxicilline et ampicilline), rappelle l’AFU.

[1] Les chercheurs évoquent 4 de ces séries de cas, à savoir dans le sud-est londonien au milieu des années 1980, dans la région de Copenhague en 1994, dans celle de Calgary (Canada) et en Californie au début des années 2000.

 



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