Le porc, hôte du virus Ebola

Le 18 mai 2011 par Romain Loury
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Comme la chauve-souris et les singes, le porc domestique serait un hôte du virus Ebola, une découverte suggérant un nouveau risque de sécurité alimentaire.
 
A l’origine de ces travaux, la découverte en 2009 d’un élevage des Philippines touché par la souche Reston. Si cette variété de virus Ebola est peu dangereuse pour l’homme, l’équipe de Hana Weingartl, de l’Agence de santé publique du Canada, s’est demandée ce qu’il en était pour la plus virulente d’entre elles, celle dite «Zaïre» [1].
 
Menée dans un laboratoire ultra-confiné, leur étude publiée dans le Journal of Infectious Diseases confirme que le porc peut être infecté par cette souche, et qu’il peut même la transmettre à ses congénères. A la différence de l’homme, l’animal n’endure pas de fièvre hémorragique, mais des symptômes respiratoires parfois sévères.
 
«Il serait prématuré de prôner des contrôles généralisés sur le commerce de porcs ou d’autres animaux d’élevage afin de prévenir une épidémie d’Ebola, mais si le risque était avéré, peut-être faudrait-il surveiller les exportations à partir des pays endémiques de cette maladie», selon un éditorial de Daniel Bausch, spécialiste de médecine tropicale à La Nouvelle-Orléans (Louisiane).
 
«Ne cédons pas pour autant à la panique», ajoute-t-il. Les seuls cas avérés d’infection alimentaire par Ebola sont liés à de la viande de singes contaminés, consommée directement après la chasse, selon une pratique traditionnelle d’Afrique centrale. Une région où l’élevage de porcs est peu fréquent.
 

[1] Parmi les 5 espèces du virus Ebola, dénommées Reston, Côte d’Ivoire, Soudan, Bundibugyo et Zaïre, ces trois dernières sont considérées comme les plus dangereuses, entraînant chez l’homme une fièvre hémorragique mortelle dans 25 à 90% des cas, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). 



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