Le pôle de compétitivité ENR fait pression sur le gouvernement

Le 04 juillet 2005 par Claire Avignon
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A l'initiative du conseil général de la Savoie, le pôle de compétitivité de Rhône-Alpes sur les nouvelles technologies de l'énergie vient d'envoyer un mémorandum au Premier ministre, rappelant ses engagements récents en faveur des énergies renouvelables.

A l'instar de Londres, Madrid, Moscou, et Paris qui attendent avec impatience la nomination de la ville organisatrice des Jeux olympiques de 2012, de nombreux industriels, chercheurs et élus français se trouvent dans la dernière ligne droite avant la désignation, probablement le 11 juillet, des pôles de compétitivité retenus par le gouvernement. Moins d'une dizaine de candidatures devraient être concernées sur les 105 reçues. Dans le but de convaincre le gouvernement de le choisir, le pôle sur les nouvelles technologies de l'énergie (ENRRDIS), constitué en Rhône-Alpes, a décidé d'agir. «Lors d'une réunion de travail récente, les partenaires du projet ont décidé de constituer un club de gouvernance pour continuer à travailler ensemble quoiqu'il arrive, explique Jean-Pierre Vial, président du conseil général de la Savoie. Mais nous voulons encore aller plus loin et créer un véritable réseau qui soit crédible au plan international.»  C'est pourquoi les partenaires d'ENRRDIS, qui a pour objectif de développer les technologies de l'énergie solaire, de la biomasse, des piles à combustibles, de l'hydroélectricité, et de la gestion des réseaux, ont envoyé un mémorandum au Premier ministre, Dominique de Villepin. Signé par 10 participants au projet (1), dont le conseil régional de Rhône-Alpes, le conseil général de Savoie, le CEA, Gaz de France, Thalès et Total Energie, le courrier reprend le discours de politique générale du nouveau Premier ministre, qui s'accorde parfaitement avec la candidature d'ENRRDIS, selon son club de gouvernance.

Dominique de Villepin a en effet affirmé qu'il «n'arrêterait pas la liste [des pôles de compétitivité] sur la base de critères budgétaires mais en fonction de la créativité et de la motivation des candidatures.» Cela ne peut que rassurer les membres du projet puisque les discours officiels des trois derniers ministres chargés de l'industrie (Nicole Fontaine, Patrick Devedjian et François Loos) ont systématiquement estimé que l'énergie photovoltaïque, au centre du projet ENRRDIS, reste trop peu compétitive pour être développée à une échelle industrielle dès aujourd'hui. Une vision à laquelle s'opposent les industriels signataires de la lettre. «Nous sommes bien à la veille d'une révolution technique et industrielle comme en témoigne la croissance à deux chiffres de ce secteur chez nos partenaires allemands ou japonais et que nous constations également en France chez les trop rares industriels du solaire thermique ou photovoltaïque (leur activité a augmenté de 75% de 2003 à 2004)», est-il rappelé dans le mémorandum. Dans le cas de l'hydroélectricité, «le potentiel économique devient extrêmement important en Inde et en Chine, explique Maryse François, directrice ingénierie et R&D d'Alstom Power Hydro. Nous comptons aussi sur le marché de réhabilitation des pays industrialisés.»

Deux autres citations reprises par le mémorandum rappelle au Premier ministre que l'Agence pour l'innovation industrielle «financera des projets dans les domaine de l'énergie solaire, des nanotechnologies, des biotechnologies et des biocarburants» et que «la lutte contre le réchauffement climatique sera poursuivie et renforcée grâce à une politique d'énergie dans le logement et les transports.» «Je concevrais mal que la France, qui doit atteindre 21% de production d'électricité d'origine renouvelable d'ici 2010, ne veuille pas créer un pôle de compétitivité sur les ENR, l'année où est votée la loi sur l'énergie», indique Jean-Pierre Vial. Tous ces arguments doivent permettre de convaincre un gouvernement qui pourrait préférer les candidatures où sont rassemblés les domaines industriels les plus prestigieux, à l'instar de l'agroalimentaire, de la chimie et de la santé.



(1) Jean-Pierre Vial, président du conseil général de la Savoie, Jean-Jack Queyranne, président du conseil régional Rhône-Alpes, Maryse François, directrice ingénierie et R&D d'Alstom Power Hydro, Jean Therme, directeur de la recherche du CEA, Jean-Pierre Picolet, directeur général du CEA, Marc Florette, directeur de la direction de la recherche Gaz de France, Paul Jacquet, président de l'Institut national polytechnique de Grenoble, Claude Greff, président de MGE UPS Systems, Jean-Paul Lepeytre, directeur général de Thalès division services et Roland Barthez, directeur général de Total Energie.




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