Le Pnue imagine les villes circulaires de demain

Le 09 février 2018 par Stéphanie Senet
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Les Nations unies appellent à un nouvel imaginaire de l'urbanisme
Les Nations unies appellent à un nouvel imaginaire de l'urbanisme

Dans un rapport publié ce 9 février, le Programme des Nations unies pour l’environnement (Pnue) insiste sur la nécessité de repenser le développement des villes du point de vue des ressources. A la clé: une stabilisation des matières premières consommées en 2050, malgré l’essor de la population.

 

L’exode rural n’a pas dit son dernier mot au niveau mondial. D’ici 2050, les villes devraient accueillir 2,5 milliards de nouveaux habitants. Les urbains représenteront 66% de la population mondiale contre 50% en 2015. En termes de ressources, les conséquences pourraient être fatales, comme le montre la Chine, qui a utilisé autant de ciment entre 2011 et 2013 que les Etats-Unis au cours du XXe siècle.

A l’occasion du 9e Forum urbain mondial, qui se tient jusqu’au 13 février à Kuala Lumpur (Malaisie), le Pnue tire le signal d’alarme dans un rapport réalisé par l’International resource panel (IRP). Sans réaction politique, la consommation mondiale de matières devrait bondir de 40 milliards de tonnes en 2010 à 90 Mdt en 2050. Au contraire, une stratégie efficace pourrait réduire cette montagne de moitié et plafonner la consommation aux alentours de 44 Mdt.

 

Un monde meilleur

«Nous pouvons dessiner un avenir meilleur pour les villes, où les gens peuvent marcher ou prendre leur vélo au lieu d’utiliser des voitures, où les déchets sont recyclés plutôt que brûlés ou enterrés, et où chacun peut avoir accès à une source d’énergie propre», a résumé Erik Solheim, le directeur exécutif du Pnue.

 

Logements sobres, transports propres

Pour réaliser cette petite révolution, le rapport préconise de multiplier «la productivité du système urbain» par un facteur 10. L’objectif est d’optimiser l’utilisation des terres, ainsi que la consommation de ressources liée aux nouveaux logements et réseaux de transport. Au programme du Pnue: transports en commun propres (reliant les centres des villes ainsi que le centre à la périphérie), points de recharge de véhicules électriques, voies cyclables, efficacité énergétique des bâtiments, recyclage des déchets... Sans oublier les changements d’habitudes en faveur d’une consommation plus sobre.

 

Métabolisme circulaire

Avec son jargon onusien, le Pnue recommande tout d’abord aux décideurs d’enclencher la transition vers «un métabolisme urbain circulaire», réformant aussi bien l’utilisation des matériaux de construction que la consommation d’eau, d’énergie et la production de déchets (réduire-réutiliser-recycler). De façon plus poétique, l’institution appelle à un nouvel imaginaire: celui d’un monde post-carbone, dans des villes vivables et sobres. «L’histoire de l’urbanisme montre que les scénarios du futur peuvent avoir des effets puissants sur la réorganisation des villes», écrivent les auteurs.

 

Indicateurs et limites

Cette transition ne peut se faire sans une évaluation précise de l’efficacité de l’utilisation des ressources au niveau local (nouveaux indicateurs et nouveaux objectifs), en lien avec les émissions de gaz à effet de serre et l’utilisation des terres.

Il ne s’agit pas seulement de créer. Encore faut-il se défaire des mauvaises habitudes, à commencer par l’importance donnée aux véhicules. La ville rêvée par le Pnue est pensée pour les gens, non plus pour les voitures.

 



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