Le PNUE appelle à une réforme urgente des subventions à la pêche

Le 29 décembre 2010 par Sabine Casalonga
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Les subventions à la pêche sont un des facteurs responsables du déclin des stocks de poissons
Les subventions à la pêche sont un des facteurs responsables du déclin des stocks de poissons

Un récent rapport du programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE) souligne l’urgence de la réforme des subventions aux pêcheries pour atteindre un usage « durable » des océans. Il appelle à accélérer les négociations à l’OMC pour un accord sur l’interdiction des aides néfastes, responsables de la surpêche et du déclin des stocks de poissons.

 

«  Les subventions inadaptées aident à financer une course dangereuse et inéquitable pour pêcher le dernier poisson » expose abruptement l’institution onusienne en introduction de son rapport.

 

Intitulée «  Fisheries Subsidies, Sustainable Development and the WTO » (« Subventions à la pêche, développement durable et l’OMC», la publication sonne l’alarme. 80 % des stocks halieutiques commerciaux sont épuisés ou ont été pêchés au-delà de leur capacité de recharge biologique, rappelle le PNUE dans son communiqué du 22 décembre. Les pertes de bénéfices économiques potentiels ont été estimées à 50 milliards d’euros par an par la FAO et la Banque mondiale en 2008. Au delà de l’aspect économique, cette situation menace plus d’un milliard de personnes dépendant de la pêche pour leur alimentation, en particulier pour leur apport en protéines animales.

 

L’effondrement mondial des pêcheries est devenu une hypothèse réaliste. La surpêche – favorisée par une flotte en surcapacité et une demande toujours accrue de produits de la mer – est la cause première de la crise, même si d’autres facteurs comme la pollution marine, l’accroissement démographique ou le réchauffement interviennent aussi.

 

Or les subventions des gouvernements, dont la somme annuelle est estimée à 27 milliards de dollars (20,56 milliards d’euros), ont été identifiées comme un des facteurs-clés de l’exploitation excessive des océans. Elles dissocient en effet les revenus de la pêche des bénéfices en théorie réduits par la diminution des stocks de poissons, mais aussi les prix du marché avec le coût environnemental réel. « Ces subventions nocives à la pêche sont contraires à l'éthique d'une économie verte, qui favorise les investissements dans l'environnement comme moteur pour la reprise économique et la croissance soutenable », affirme Steven Stone, chef du département Sciences économiques et commerce de l’organisme basé à Nairobi . Dans un rapport publié en mai dernier, le PNUE recommandait déjà de changer l’affectation des subventions pour créer un secteur de la pêche durable [voir le JDLE].

 

Le rapport fournit une vue historique et analyse les questions liant réforme des subventions à la pêche et négociations au sein de l’OMC durant la dernière décennie.

 

La prise de conscience mondiale du risque lié à la surpêche a lieu au début des années 1990, et conduit à l’élaboration en 1995, par la FAO , d’un code de conduite pour des pêcheries responsables. En 2002, lors du sommet mondial de Johannesburg, l’élimination des subventions néfastes est l’un des 8 objectifs fixés pour permettre le développement de pêcheries durables. En 2005, une réunion de l’OMC à Hong Kong lance un cycle de négociations en vue d’une interdiction des aides contribuant à la surcapacité des flottes de pêche et à la surpêche. En dépit de quelques avancées, beaucoup reste encore à faire, souligne le PNUE. Les négociateurs doivent désormais décider quels types de subventions devront être interdites et les conditions dans lesquelles certaines seront prorogées. Ils devront aussi s’assurer d’un traitement différentiel pour les pays en développement, et établir des critères de gestion de pêche.

 

L’un des chapitres, consacré au système des subventions, conclut que presque tous les types d’aides peuvent être néfastes dans les conditions actuelles. Dans un autre volet, des exemples concrets sont présentés concernant les impacts des subventions ou des réformes, au Sénégal, en Equateur et en Norvège,.

 

Le PNUE espère que ses conclusions permettront aux discussions de l’OMC de se baser sur des critères de durabilité. Malgré les nombreuses questions qui restent en suspens, l’organisation onusienne estime que la réforme de ces subventions peut faire de la pêche de demain une réelle activité durable, intégrant protection de l’environnement et développement économique et social.

 

 



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