Le PNSE3, entre innovation et vœux renouvelés

Le 29 septembre 2014 par Romain Loury
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Un indicateur d’exposition aux ondes d’extrêmement basses fréquences devrait être élaboré.
Un indicateur d’exposition aux ondes d’extrêmement basses fréquences devrait être élaboré.
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Le troisième plan national santé-environnement (PNSE3) a été mis en consultation vendredi 26 septembre par le ministère de la santé, en vue d’une adoption début décembre. Si certains points y sont plus saillants que dans le PNSE2, il s’apparente souvent à un catalogue de bonnes résolutions, écueil inhérent à ce genre littéraire.

2014 aura été une année blanche: alors que le deuxième PNSE concernait la période 2009-2013, le troisième, en cours de préparation, n’est toujours pas achevé, bien qu’il concerne la période 2014-2018. Après un regard des professionnels de santé en août, voici enfin ce projet soumis à consultation publique depuis vendredi jusqu’au 17 octobre. Et ce en vue d’une adoption «début décembre» par les ministres concernés, ceux de l’écologie et de la santé.

Grande nouveauté de ce nouveau PNSE3, la mise en avant de la notion d’«exposome», définie comme l’ensemble des expositions environnementales cumulées de la période in utero jusqu’à la fin de vie, qu’elles soient chimiques, physiques et infectieuses. «L’évaluation des expositions doit désormais être conçue de manière décloisonnée et dynamique», selon le projet.

évaluation plus complète

C’est donc une évaluation plus complète, et non réduite à des agents isolés, que le PNSE propose d’adopter. Cette lourde tâche sera confiée à l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) et l’Institut national de l’environnement industriel et des risques (Ineris).

«L’objectif est de construire d’ici la fin du PNSE3, à partir d’indicateurs d’exposition un indicateur composite permettant d’obtenir une vision globale et intégrée des expositions environnementales dont on sait qu’elles ont un lien avec la santé humaine», ajoute le document.

En matière d’exposition, le PNSE3 propose aussi d’éclaircir le paysage des nombreuses bases de données, et d’en faciliter l’accès aux chercheurs et aux épidémiologistes. A l’heure actuelle, «ces bases de données [environnementales et sanitaires], par leur construction, ne permettent pas toujours une exploitation aisée, croisée ou conjointe (un travail en vue de l’interopérabilité des bases pourra s’avérer nécessaire)».

Air, eau, alimentation, pesticides…

Pour la qualité de l’air, le PNSE3 se fixe pour objectif de «respecter les valeurs limites européennes sur l'ensemble du territoire d'ici 2020». Mi-septembre, le ministère a annoncé pour 2015 un nouveau plan de réduction des émissions de polluants atmosphériques (Prepa).

Du côté de l’eau, il s’agit de poursuivre la dynamique de protection des captages pour l’alimentation en eau potable. Si 70% des 33.000 que compte la France sont actuellement protégés, le PNSE3 propose une cadence de 1.000 par an. Il évoque également la question de la réutilisation des eaux non potables (eaux de pluie, eaux usées traitées, etc.), par exemple pour l’irrigation agricole, pratique marginale en France et dont il s’agit de mieux cerner les éventuels risques sanitaires.

Pour l’alimentation, le PNSE3 met l’accent sur les composés néoformés lors de la transformation de l’aliment, en particulier sa cuisson, dont l’acrylamide, les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) et les furanes. Autre point de préoccupation, les nanomatériaux, dont l’Anses devra dresser l’inventaire dans l’alimentation.

Quant aux pesticides, le projet de programme propose en premier lieu de mieux connaître l’exposition à ceux présents dans l’air. Déjà évoqué par le PNSE2, le sujet demeure encore peu exploré. Première étape, «définir une liste socle de pesticides à mesurer dans l’air, de formaliser un protocole de surveillance des pesticides dans l’air et de lancer une campagne exploratoire de mesures des pesticides dans l’air extérieur».

Rien de bien neuf du côté des perturbateurs endocriniens

Rien de bien neuf du côté des perturbateurs endocriniens, si ce n’est de «mettre en œuvre la stratégie nationale» sur ces substances, présentée au printemps dernier par Ségolène Royal, et «soutenir activement l’adoption d’une définition et de critères réglementaires européens sur les perturbateurs endocriniens».

Les ondes électromagnétiques ne sont pas oubliées: fait nouveau, le PNSE3 va au-delà de la téléphonie mobile. Pour les lignes à haute et très haute tension (HT, THT), il prévoit l’élaboration d’un indicateur d’exposition aux ondes d’extrêmement basses fréquences qui s’en dégagent.

Autre innovation, le PNSE3 évoque un rapport d’expertise sur le lien entre la santé et la biodiversité (effet barrière, effet dilution vis-à-vis des microorganismes pathogènes), et un autre sur celui entre la santé et la présence d’espaces naturels en ville. Ces derniers sont gâtés: ils ont eu droit à un autre plan d’action annoncé par Ségolène Royal ce même vendredi, cette fois-ci sur les paysages.



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