Le plan Polmar du Prestige a plutôt bien fonctionné

Le 06 janvier 2005 par Loïc Chauveau
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Le rapport du Conseil général des Ponts et Chaussées sur le fonctionnement des services déconcentrés de l’Etat lors de la catastrophe du Prestige détaille quelques dysfonctionnements. Mais il estime que le plan Polmar s’est bien déroulé. Les liens contractuels noués pour l’occasion avec les industriels pourraient servir d’exemple.

Le plan Polmar mer a été déclenché le 3 décembre 2002 après que le Prestige, pétrolier transportant 77.000 tonnes de fuel lourd ait coulé à 160 kilomètres au large des côtes espagnoles. Après avoir erré pendant 16 jours en Atlantique, le navire relâche alors 125 tonnes par jour. Les premières boulettes d'hydrocarbures s'échouent sur les plages des Landes à la fin décembre. Au total, la marée noire du Prestige a généré en France 28.500 tonnes de déchets dont 26.000 collectés en mer et 2.500 récupérés sur les côtes.

Les rapporteurs définissent trois étapes dans cette crise. La phase «émotionnelle» durant tout le mois de décembre a vu l'activation des plans Polmar dans les différents départements avec un pré-positionnement des moyens de lutte: barrages gonflables, mobilisation de personnels communaux et de matériels. La phase «artisanale» de mi-janvier à début mars est «celle de la créativité et de l'innovation, au cours de laquelle différentes techniques d'interventions en mer et sur terre ont été testées (différents types de filets, épuisettes, barrages flottants, ramassage manuel, utilisation de prisonniers volontaires, différents types de cribleuses, rouleaux oléophiles …)», notent les rapporteurs. C'est au cours de cette phase que le Préfet de zone a décidé de passer des réquisitions à la passation de marché avec des industriels pour le nettoyage, le transport et l'élimination des déchets.

C'est la troisième phase dite «industrielle». Les DDE passent alors des marchés avec les professionnels du déchet ayant à la fois les capacités de transport et la connaissance des destinations à donner aux différents types de déchets suivant leur composition. Ainsi, les produits fortement pollués par les hydrocarbures ont-ils été incinérés tandis que des déchets moins dangereux ont pu être acheminés vers des décharges. Le conseil général des Ponts et Chaussées donne quitus à cette organisation: «ce mode opératoire s'est avéré doublement bénéfique, d'une part par un abaissement significatif des coûts, d'autre part par une amélioration de la productivité et de l'efficacité opérationnelle», écrivent les rapporteurs.

Il y a cependant bien eu des dysfonctionnements notamment dans la répartition des tâches entre les Directions départementales de l'équipement, les Services de navigation maritime et les Directions régionales de l'industrie, de la recherche et de l'équipement (Drire). Mais l'essentiel des griefs énoncés au moment du naufrage par les maires des communes à l'encontre des services de l'Etat tient principalement au fait que ce sont les Landes les plus touchées par la pollution (12.000 tonnes) alors que ce département compte cinq fonctionnaires qualifiés du fait de l'absence de port sur son territoire. Dès lors, les services départementaux ont eu du mal à pallier le manque de personnel.

C'est d'ailleurs une des principales propositions du rapport. Le conseil général des Ponts et Chaussées plaide pour une plus grande souplesse administrative dans la gestion des personnels et des matériels de l'Etat. Pour ce faire, si une prochaine catastrophe devait survenir, il faudrait placer la coordination de la gestion de crise sous la seule autorité du préfet de zone maritime. Cela suppose que «les plans Polmar terre départementaux doivent être élaborés de façon homogène et cohérente comme des sous plans du plan Polmar zonal», proposent les rapporteurs.


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