Le plan de Bruxelles pour la biodiversité

Le 03 mai 2011 par Sonja van Renssen
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La Commission européenne a publié ce mardi 3 mai son plan d’action destiné à stopper la perte de biodiversité et la dégradation des services écosystémiques d’ici 2020, et à les restaurer dans la mesure du possible.
 
Ces objectifs sont en fait ceux que les dirigeants européens ont adoptés lors de leur sommet de printemps en mars 2010. Ils ont aussi décidé à ce moment-là que l’UE devait faire plus pour protéger la nature au niveau mondial. La nouvelle stratégie met en musique les engagements domestiques mais aussi internationaux sur la biodiversité, adoptés à la conférence internationale de Nagoya (Japon) en octobre dernier.
 
La Commission propose 6 sous-objectifs visant à s’assurer le succès de son plan, là où son plan de 2006 a échoué. L’objectif original était de stopper la perte de biodiversité pour 2010.
 
Le commissaire européen pour l’environnement, Janez Poto?nik, s’est dit convaincu que la nouvelle stratégie réussirait car, pour la première fois, elle s’attaque aux racines économiques de la perte de biodiversité, elle est solidement documentée par l’Agence européenne de l’environnement et elle désigne clairement les rôles de chaque secteur.
 
Mais c’est encore trop vague pour les ONG, qui ont fustigé le manque de substance du plan de la Commission. Selon l’organisation écologiste les Amis de la terre Europe, par exemple, «il manque des objectifs clairs pour l’agriculture et la sylviculture». Ces deux secteurs doivent, selon le plan de la Commission, jouer un rôle plus important pour la protection de la biodiversité. Dans le cadre de la réforme de la Politique agricole commune (PAC) en cours, Janez Poto?nik veut rémunérer les agriculteurs pour leur rôle dans la protection de nature. Il suggère également de rendre obligatoire la conformité à la directive-cadre européenne sur l’eau pour ceux qui obtiennent des subventions européennes. Des plans de gestion des forêts seront exigés pour toutes les forêts d’une certaine taille dès 2020.
 
Parmi les autres sous-objectifs, on trouve la mise en œuvre complète des directives sur les oiseaux et sur l’habitat qui, en pratique nécessiterait des plans de gestion et plus d’argent pour le réseau Natura 2000.
 
En outre, en ligne avec les accords de Nagoya, il faudra restaurer 15% des écosystèmes dégradés, en se penchant en particulier sur la création d’infrastructures vertes, comme la connexion de zones protégées.
 
Le 4e sous-objectif concerne la pêche durable et le 5e, la lutte contre les espèces envahissantes. Bruxelles s’attèlera à légiférer sur ce point dès l’année prochaine. Le dernier sous-objectif concerne la lutte contre la perte de biodiversité au niveau international. La Commission propose d’inclure les préoccupations sur la biodiversité dans la politique de coopération au développement, par exemple.
 
La Commission européenne n’a pas fourni de coût total de mise en œuvre de sa stratégie, mais elle va s’efforcer d’augmenter le taux de dépense effective des fonds réservés à la protection de la biodiversité, moins bon que pour d’autres catégories. Quoi qu’il en soit, la Commission devra faire de la place pour la biodiversité dans son budget pour la période 2014-2020 et élaborer des modes de financement innovants, tels que les partenariats public-privé.
 


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