Le plan Climat allemand prend l’eau

Le 11 avril 2008 par Victor Roux-Goeken
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Après l’annulation du lancement d’un nouvel agrocaburant, l’Allemagne voit son plan Climat mis à mal. Certains objectifs ont dû être revus à la hausse, et les constructeurs automobiles allemands seront encore plus désavantagés qu’auparavant s’ils veulent respecter les objectifs européens d’émission de CO2 des véhicules, actuellement en débat.

Il devait permettre de voir la vie en vert, de réduire de 40% les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2020, de donner au pays le statut de leader de l’Union européenne en matière de lutte contre le changement climatique… Le plan Climat allemand –car il ne s’agit, pour l’instant, que de celui-ci– craque de tous côtés (1). En cause: l’annulation en catastrophe, annoncée la semaine dernière par le ministre chargé de l’environnement, Sigmar Gabriel, du lancement d’un nouvel éthanol d’ici 2009. Un revers cuisant pour le pays, qui se voulait pionnier dans ce domaine des agrocarburants.

L’E 10, dont le taux de carburant d’origine végétale se serait élevé jusqu’à 10%, n’aurait pas été supporté par 3,3 millions de véhicules, car trop corrosif. Les ménages les plus modestes, qui n’auraient sans doute pas pu s’acheter de nouveau véhicule, auraient donc été contraints de continuer d’approvisionner leur véhicule en essence super plus, plus chère que le nouvel agrocarburant en partie détaxé.

L’annulation pose deux problèmes de taille. Tout d’abord, la hausse du taux d’incorporation était l’un des piliers du plan Climat. La part végétale des carburants aurait dû s’élever à 17% d’ici 2020. Elle a été réduite à une fourchette comprise entre 12 et 15% d’ici 2020.

Ensuite, elle défavorise encore plus les constructeurs automobiles allemands par rapport à leurs concurrents européens sur la question des émissions de CO2 des véhicules. Le projet de directive, actuellement en débat, prévoit qu’en 2012, les nouveaux véhicules mis sur le marché dans l’UE n’émettent plus que 120 ou 125 grammes de CO2 par kilomètre. Connus pour la –relative– gloutonnerie de leurs modèles, les constructeurs allemands comptaient sur cette part de végétal pour leur permettre d’emblée d’économiser 10 grammes de CO2 par kilomètre. Ils devront faire encore plus d’efforts que leurs concurrents français et italiens notamment, dont les modèles sont réputés moins gloutons.

Puisque les constructeurs automobiles participeront moins aux efforts nécessaires au respect du plan Climat, le fardeau du CO2 sera reporté sur les producteurs d’énergie, qui apprécient moyennement. Initialement fixée à 27,5% en 2020, la part du renouvelable dans la consommation finale d’énergie a été rehaussée à 30%.

(1) Voir l’article du JDLE «L’Allemagne veut baisser ses émissions de gaz à effet de serre de 40% d’ici 2020»





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