Le plan climat allemand attaqué devant la Cour constitutionnelle

Le 16 janvier 2020 par Stéphanie Senet
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
ajouter à mes dossiersRéagir à cet article
9 jeunes Allemands à la manoeuvre
9 jeunes Allemands à la manoeuvre

Soutenus par Greenpeace et Germanwatch, de jeunes Allemands ont déposé, le 15 janvier, un nouveau recours judiciaire pour faire accélérer la politique climatique d’Angela Merkel, qu’ils jugent insuffisante et inefficace.

Après le rejet d’une requête déposée par Greenpeace au nom d’agriculteurs bio devant le tribunal administratif de Berlin, c’est au tour de neuf jeunes Allemands de tenter leur chance en justice. Soutenus par les ONG Greenpeace et Germanwatch, ils ont déposé un recours devant la Cour constitutionnelle fédérale de Karlsruhe pour l’insuffisance de la stratégie climatique nationale présentée le 20 septembre dernier. Parmi eux : Luisa Neubaueur, la «Greta Thunberg» allemande et l’icône du mouvement Friday for future outre-Rhin.

Droit à la vie et à l’intégrité physique

Au plan juridique, ces plaignants estiment que la politique actuelle est contraire au droit de chacun à la vie et à l’intégrité physique, consacré par l’article 2 de la constitution allemande de 1949. Le plan présenté en septembre comprend notamment la rénovation du rail, la rénovation énergétique de logements et la hausse du prix des billets d’avion pour parvenir à réduire de 55% les émissions de GES en 2030 (par rapport à 1990).

Fermeture rapide des centrales à charbon

Les jeunes Allemands demandent des mesures plus musclées comme l’instauration d’une limitation de vitesse sur les autoroutes, la fermeture rapide des centrales à charbon (actuellement prévue entre 2035 et 2038) ou encore l’interdiction des chauffages au fioul ou au gaz. «Si les politiques ne parviennent pas à protéger le climat aujourd’hui, c’est la jeune génération qui paiera. C’est pourquoi nous avons besoin d’un cadre juridique garantissant que les émissions de gaz à effet de serre allemandes s’approchent de zéro avant 2040», affirme Anike Peters, spécialiste du climat à Greenpeace.