Le plan biodiversité accueilli avec bienveillance réservée

Le 05 juillet 2018 par Romain Loury
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
ajouter à mes dossiersRéagir à cet article
La biodiversité a son plan
La biodiversité a son plan
DR

Les associations saluent les objectifs affichés par le plan biodiversité, présenté mercredi juillet par le gouvernement, mais déplorent un manque d’actions concrètes.

 

Avec ses 90 mesures, ayant entre autres trait à l’artificialisation des sols, au verdissement de l’agriculture et à la lutte contre la pollution plastique, le plan biodiversité était très attendu des associations. La plupart le jugent encourageant, mais se montrent un peu sur la faim.

Des idées, mais peu de moyens

«Nous sommes contents qu’il y ait un plan biodiversité, même si ce n’est pas le premier, mais on attendait des choses concrètes et nous sommes donc un peu déçus», déclare Yves Verilhac, directeur général de la Ligue de protection des oiseaux (LPO), contacté par le JDLE. «Il y a les idées, mais pas les moyens, et beaucoup de mesures sont du recyclage de mesures déjà prises», explique-t-il.

Du côté de France Nature Environnement, on juge que le plan recèle «un tiers de concret, un tiers de recyclé, un tiers de peu engageant». L’association dit «constater une volonté affichée de répondre aux enjeux présents et urgents en matière de biodiversité, mais une insuffisance d'ambition tant dans l'opérationnalité des mesures que du montant des moyens alloués aux actions prévues».

Mieux cadrer les financements

Est notamment avancé le manque de moyens financiers affichés. FNE demande dès lors que «l’ouvrage soit remis sur le métier, et les mesures précisées, complétées, phasées», et que «des moyens financiers soient définis dès le projet de loi de finances 2019».

Le plan évoque toutefois l’allocation de 150 millions d’euros d’ici à 2021 de paiement pour services environnementaux (PSE) versés aux agriculteurs valorisant la préservation des sols et la restauration de la biodiversité. Selon le WWF, il s’agit d’«une avancée qui reste insuffisante. Des marges de manœuvre auraient pu être dégagées grâce à la réorientation des subventions dommageables à la biodiversité».

Un «écran de fumée», selon le SNE

Si le WWF salue un plan qui «lance une dynamique», d’autres le jugent plus sévèrement. Notamment le Syndicat national de l’environnement (SNE-FSU), qui n’y voit qu’«un écran de fumée ne servant qu’à cautionner une couche de peinture verte gouvernementale». «Nul ne peut ignorer que les moyens actuels du ministère de la transition écologique et solidaire sont déjà très largement insuffisants pour assurer les missions actuelles», juge-t-il.



Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus