Le pin à pignons n’apprécie guère les décibels

Le 22 mars 2012 par Stéphanie Senet
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Le pin à pignons se développe moins dans les zones bruyantes
Le pin à pignons se développe moins dans les zones bruyantes

Une étude originale, publiée le 21 mars dans la revue Proceedings of the Royal Society (Biological Sciences), montre les effets du bruit sur la faune mais aussi sur la flore.

On connaissait déjà les effets néfastes du bruit sur les oiseaux ou, plus récemment sur les baleines (voir JDLE). On sait désormais que les plantes y sont également sensibles.

Les chercheurs américains, qui ont étudié le comportement des animaux pollinisateurs et la dispersion des graines, ont mis en évidence les effets du bruit généré par un site d’extraction de gaz naturel, situé dans le Rattlesnake Canyon, au Nouveau-Mexique. Un environnement propice à l’observation puisqu’il se trouve au cœur d’une forêt, loin des bruits des autoroutes et des lumières artificielles.

Une première série d’expériences s’est concentrée sur les oiseaux, «particulièrement sensibles à la pollution sonore, en raison de leur dépendance à la communication acoustique», précise l’équipe dirigée par Clinton Francis, du National evolutionary synthesis center (NESCent) en Caroline du Nord. Pour évaluer leurs réactions, ils ont placé des plaques de fleurs artificielles dans des endroits bruyants et dans des coins silencieux. Ils ont pu constater les différences selon les espèces. Le colibri à gorge noire (Archilochus alexandri) semble aimer les décibels: il a fait 5 fois plus de visites vers les sites les plus bruyants. Clinton Francis a toutefois nuancé ce résultat en indiquant que ce colibri avait peut-être choisi ces sites pour fuir certaines espèces qui se nourrissent de leurs oisillons.

Les chercheurs ont également observé l’effet du bruit sur un arbre, un pin à pignons (Pinus edulis), au travers une deuxième série d’expériences. Après avoir éparpillé des graines de pin sur 120 sites, certains bruyants, d’autres silencieux, ils ont constaté que les souris préféraient le bruit alors que le geai buissonnier les évitait totalement. Par ailleurs, les jeunes plants se sont avérés 4 fois plus nombreux dans les zones tranquilles, signe que cet arbre préfère le calme forestier aux décibels de l’extraction industrielle.

 «Le fait qu’il y ait moins de pins à pignons dans les zones bruyantes a des conséquences sur les centaines d’espèces qui en dépendent pour leur survie», explique Clinton Francis. Pour ces chercheurs, qui ont ouvert une voie, il est désormais important d’étudier les conséquences écologiques du bruit au même titre que les autres pressions anthropiques sur la biodiversité.



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