Le pigeon, indicateur urbain de métaux lourds

Le 20 juillet 2016 par Romain Loury
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Le pigeon biset
Le pigeon biset

Les pigeons pourraient-ils servir de sentinelles sanitaires de nos villes ? Menée à New York, une étude publiée dans la revue Chemosphere révèle que leur taux d’imprégnation par le plomb suit la même tendance que celui mesuré chez les enfants. L’approche pourrait être étendue à d’autres contaminants environnementaux.

Malgré leurs incessants déplacements, les pigeons sont des animaux sédentaires: ils restent près de l’endroit où ils sont nés, couvrant un domaine ne dépassant pas quelques blocs d’immeubles. D’où l’intérêt de les utiliser comme outils de mesure de la pollution chimique de nos villes: en 2012, une étude menée à Paris révélait ainsi que le taux de métaux lourds, mesuré dans leurs plumes, variait fortement d’un quartier à l’autre.

Dans leur étude menée sur 825 pigeons bisets (Columba livia), Fayme Cai et Rebecca Calisi, de l’université Columbia, confirment de nettes variations d’un quartier à l’autre de New York en ce qui concerne le taux de plomb, mesuré dans le sang. C’est à Soho et Greenwich Village que le taux est le plus élevé (environ 231 µg par litre de sang), tandis que le Bronx est loin derrière (environ 120 µg/L).

Pigeons et humains, même combat

Or ces données de contamination par quartier suivent la même tendance que celles observées chez les enfants par les autorités sanitaires: plus les pigeons sont imprégnés de plomb, plus les enfants vivant dans le même quartier ont de risques de l’être aussi.

Pour Rebecca Calisi, «les pigeons respirent le même air, marchent sur les mêmes trottoirs, et parfois mangent la même nourriture que nous». Selon les chercheurs, la principale source d’exposition des volatiles est l’inhalation du plomb dégagé par la chaussée, peut-être aussi par l’ingestion de gravier (auquel ils recourent pour leur digestion).

Autre point commun entre pigeons et humains, le fait que la plombémie (teneur sanguine en plomb) est plus élevée en été qu’en hiver. Selon les chercheurs, la température plus élevée favoriserait les émissions de plomb par la chaussée. Autre possibilité, l’accélération hivernale du métabolisme, chez le pigeon, pourrait entraîner une élimination plus rapide du plomb.

D’autres contaminants en vue?

«C’est un exemple fort de la manière dont nous pouvons utiliser les pigeons pour surveiller la localisation et la prévalence de polluants», commente Rebecca Calisi, qui propose d’utiliser ces oiseaux comme sentinelles de la santé humaine. Travaillant désormais à l’université UC Davis (Californie), elle poursuit ses travaux sur la contamination par d’autres métaux lourds, mais aussi par des pesticides et des retardateurs de flamme.

Mi-mars, une start-up française, Plume Labs, a lâché sur le centre-ville de Londres une dizaine de pigeons bisets équipés de capteurs de qualité de l’air, permettant de mesurer les teneurs en ozone, en dioxyde d’azote et en composés organiques volatils. Il ne s’agissait que d’une campagne de communication, l’objectif étant de faire connaître l’objet auprès du public, et d’en faire un outil individuel d’exposition à la pollution.



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