Le photovoltaïque est devenu compétitif, estime la CRE

Le 07 mars 2019 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Les coûts de production sont passés sous les 50 €/MWh.
Les coûts de production sont passés sous les 50 €/MWh.
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Dans une note, le régulateur des marchés français de l’énergie estime que le coût de production de l’électricité produite par les centrales solaires a chuté de 32% en trois ans.

 

L’électricité produite par les panneaux solaires est officiellement compétitive. Ce constat n’est pas tiré d’une brochure d’un lobby favorable aux énergies renouvelables mais bien de la Commission de régulation de l’énergie (CRE).

Mise en ligne le 6 mars, la note du régulateur des marchés français de l’énergie analyse l’ensemble des coûts d’investissement et d’exploitation pour les projets déposés lors des appels d’offres de 2017 et 2018.

Un électron sur trois. Le secteur éolien britannique a conclu, mercredi 6 mars, un accord avec le gouvernement de Theresa May. Aux termes de cette convention, l’administration s’engage à créer les conditions propices pour développer 30 gigawatts (GW) de capacités éoliennes marines; de quoi produire le tiers de l’électricité consommée au royaume d’ici 2030, contre 6% en 2017. Ce coup de pouce devrait créer 20.000 emplois.

Côté investissement (80% du coût de production), l’heure est résolument à la déflation. En trois ans, les prix ont chuté de 32%. Les coûts de production s’échelonnent désormais entre 62 et 99 euros le mégawattheure (MWh). Pour les grandes fermes solaires, c’est encore mieux: 48 €/MWh, taxe Ifer[1] de 6 €/MWh incluse. «La filière française est parfaitement compétitive avec celles des pays comparables: les coûts de production en Allemagne, par exemple, se situent entre 40 et 70 €/MWh.»

des parcs plus puissants

Raison pour laquelle le gendarme de l’énergie se montre favorable à l’émergence de projets de puissance supérieure à 30 mégawatts crête (MWc), limite actuelle des appels d’offres, afin de comprimer un peu plus encore les prix et permettre à certains projets de ne plus recourir aux mécanismes de soutien public.

Constatant une baisse de participation aux appels d’offres (112 MWc de projets ont été alloués lors du dernier appel d’offres sur le solaire sur les bâtiments sur les 300 MWc proposés par l’Etat), la CRE propose de porter à 100 MWc la puissance limite des projets. Le régulateur suggère aussi de réviser les critères environnementaux: «Le couple ‘prix du panneau-rendement’ ne conduit pas nécessairement les développeurs à choisir des technologies assurant un meilleur productible par unité de surface mobilisée.»

La CRE rappelle aussi son opposition au principe de la réfaction (ristourne sur les coûts de raccordement) «car elle rend possible la désignation comme lauréat du projet le plus coûteux pour la collectivité au périmètre des charges de service public de l’énergie et du Turpe[2]».

En septembre 2018, le parc français comportait 8.400 MWc de capacité photovoltaïque. Ces installations ont produit 10,2 térawattheures (TWh) en 2018, soit 2% de la consommation électrique française.



[1] Ifer: Imposition forfaitaire sur les entreprises de réseaux

[2] Turpe : Tarif d'utilisation des réseaux publics d'électricité

 



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