Le petit et moyen éolien en quête de rentabilité et de qualité

Le 02 janvier 2009 par Sonia Pignet
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eolienne individuelle
eolienne individuelle

Le marché des éoliennes de 1 à 20 kilowatts évolue. Le volume de clients est potentiellement important et les acteurs se multiplient. Mais pour se développer, l’offre doit aller vers plus de rentabilité et de qualité.

«J’entends plus la départementale, à 500 mètres au-dessous de chez moi, que mes éoliennes dans le jardin», s’amuse Laurent Gros, maire de Lautrec (Tarn), lorsqu’on lui demande si ses appareils sont bruyants. Premier particulier de ce département à installer des éoliennes dans sa propriété (deux de 20 kW chacune montées sur des mâts de 30 m), il se dit satisfait de son acquisition. Il lui a fallu entre 8 et 10 mois pour obtenir de la préfecture le permis de construire, puis quelques travaux de génie civil (36 mètres cubes de béton à couler), le tout pour un investissement de l’ordre de 140.000 euros (hors crédit d’impôt compris entre 4.000 et 6.000 €). «L’amortissement prendra entre 10 et 12 ans», prévoit Laurent Gros, qui a fait le choix de l’éolien par convictions personnelles, et aussi pour montrer que non seulement cela fonctionne, mais que cela permet de renforcer le réseau en zone rurale. Sa consommation annuelle d’électricité est de 10.000 kWh, et ses éoliennes devraient produire entre 100 et 120.000 kWh chaque année. Le surplus part dans le réseau électrique. En tractation avec Enercoop pour le rachat de ses kWh, Laurent Gros est de toute façon assuré de pouvoir les revendre auprès d’EDF (achetés environ 8 centimes €/kWh) puisqu’il a fait sa demande avant juillet 2007, date à laquelle cette obligation de rachat a été supprimée hors zones de développement de l’éolien (ZDE).

Sans le rachat du surplus d’électricité produite, l’acquisition d’éoliennes pour un usage privé est quasiment impossible à rentabiliser et l’investissement important. Les acheteurs, et potentiels acheteurs, sont les particuliers pour leur maison ou petite entreprise en zone rurale, et les collectivités locales pour des infrastructures du type stade. Les motivations des particuliers sont diverses. Ce sont par exemple les férus d’environnement désireux de produire eux-mêmes leur électricité, ceux qui misent sur une image écolo et moderne, ou ceux qui espèrent réduire leur facture. Car si EDF n’a pas d’obligation de rachat, d’autres fournisseurs s’intéressent à l’électricité issue de l’éolien.

C’est le cas de Direct Energie qui vient de signer un partenariat avec Weole Energy, une société créée en 2007, fournisseur de solutions clés en main pour le petit et moyen éolien. Direct Energie s’engage à racheter le surplus d’électricité éolienne des clients de Weole au tarif de 8 centimes d’euros pour les premiers kWh et 5,5 centimes au-delà (si le surplus dépasse 15% de la production). «Le petit et moyen éolien est un produit très intéressant car non spéculatif. On produit ce que l’on consomme, on a donc toujours une électricité au même prix», explique le président de Weole, Michel Galligo. Il estime qu’une éolienne de 5 kW couvre environ 70% des besoins d’un ménage, en considérant que 85% de la production d’électricité éolienne est utilisée. Avec ce partenariat, Weole espère voir son entreprise se démarquer de la multitude d’acteurs du secteur. «Notre ambition est de passer d’un marché de niche à un marché de masse», précise Michel Galligo, conscient toutefois qu’il faudra encore faire évoluer les produits dans le sens d’une réduction des coûts et d’une amélioration de la qualité (design, facilité d’installation).

«Les fabricants ou importateurs de petites et moyennes éoliennes sont au moins 40, voire 50», estime Michel Lentheric, spécialiste du sujet à l’Ademe. Une multiplicité qui pose des problèmes de qualité. «Comme pour le photovoltaïque, il faut trouver une démarche qualité. Nous en sommes aux balbutiements, et nous ne nous sommes pas encore positionnés sur le sujet», explique Michel Lentheric. L’Ademe a commencé à y travailler, et prévoit d’arrêter sa politique sur le sujet avant juin 2009. Elle rédige actuellement un guide du petit éolien (parution prévue début mars) et met en place un centre d’essai dans l’Aude avec le Sepen, le site expérimental pour le petit éolien de Narbonne. Jusque-là réservé aux essais pour des éoliennes de puissance inférieure à 10 kW, le site est en cours d’aménagement pour accueillir et tester des appareils jusqu’à 36 kW.

Pour l’instant, «il faut être vraiment motivé ou très isolé pour investir dans le petit éolien», estime Michel Lentheric. Avec une qualification qui permettrait aux administrations qui subventionnent ces équipements -ou souhaitent le faire- de s’assurer de la qualité et de la fiabilité des projets, une réduction des coûts des machines et des solutions de rachat du surplus, le petit et moyen éolien devrait se développer beaucoup plus rapidement. Michel Galligo est optimiste: «Les éoliennes individuelles s’adressent à tous ceux qui possèdent un terrain à partir de 400 mètres carrés, dans une région correctement ventée. Potentiellement, cela concerne les deux tiers du territoire français!».


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