Le PE rejette une résolution appelant à réduire d’un tiers les émissions de CO2

Le 06 juillet 2011 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Le Parlement européen a rejeté, mardi, une proposition de résolution appelant à «aller au-delà de l’objectif de 20% de réduction des émissions de gaz à effet de serre».

Le résultat surprise de ce vote est la conséquence d’une intense campagne d’amendements menée par les eurodéputés conservateurs, notamment britanniques, qui ont méthodiquement vidé le texte de sa substance. La dénaturation a été telle que le rapporteur, le Vert néerlandais Bas Eickhout, a appelé à rejeter un texte qu’il ne reconnaissait plus.
 
«C’est une occasion perdue et l’Union européenne risque de rater le train de la prochaine croissance économique», a commenté Nick Stern, l’auteur du rapport éponyme sur l’économie des changements climatiques.
 
Faute d’incitation, l’industrie européenne risque de réduire ses efforts pour alléger son empreinte carbone. Une hypothèse qui n’a rien d’irréaliste, tant est grand le risque de voir s’effondrer le prix du quota européen de CO2 dans les prochaines années.
 
Dans son dernier rapport, publié mercredi, Sandbag estime que les surplus de quotas accumulés par les industriels à la fin de la seconde période d’engagement (2008-2012) seront tels que le prix du carbone ne pourra pas décoller pendant la troisième période (2013-2020). En effet, les sites industriels soumis à la directive Quotas peuvent thésauriser, d’une période sur l’autre, leurs quotas superflus.
 
Et leurs réserves, notamment celles des cimentiers et des sidérurgistes, sont conséquentes. En se basant sur les données de la Commission et sur ses propres projections, le consultant britannique estime à 1,9 milliard le nombre de quotas «supplémentaires» dont les industriels pourraient bénéficier, en plus de ceux qui leur seront vendus aux enchères, entre 2013 et 2020: l’équivalent d’une année d’émission de ces 12.000 «obligés». De plus, le quart de ces entreprises a collecté, à bas prix, des dizaines de millions de quotas internationaux (URCE principalement) qu’ils peuvent utiliser pour satisfaire à leurs obligations climatiques.
 
Pour éviter de voir le prix de la tonne de CO2 flirter avec le zéro absolu, comme en 2006-2008, Sandbag recommande de réduire les allocations de quotas durant la troisième période. Bruxelles devrait aussi annuler 1,7 milliard de quotas entre 2013 et 2020. Le consultant préconise aussi de revoir la directive Quotas en 2015. Cette troisième mouture du texte devrait interdire toute thésaurisation et réduire de 2,4% par an le volume de permis distribués.

 
 
 
 
 



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