Le Parlement européen s’inquiète de l’antibiorésistance

Le 18 mai 2011 par Romain Loury
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Une résolution adoptée par le Parlement européen appelle à diminuer l’usage des antibiotiques pour les animaux d’élevage ou de compagnie, en raison du risque de résistances.
 
«Les résistances bactériennes aux antibiotiques se sont accrues ces dernières années au niveau mondial, ce qui rend de plus en plus difficile le traitement de certaines infections chez l’homme et chez l’animal», rappelait l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa selon l’acronyme anglais) en 2009. Un fait d’autant plus préoccupant qu’il touche des agents de plusieurs zoonoses, comme les salmonelles et Campylobacter [1]
 
Proposée par l’eurodéputé italien Paolo de Castro (groupe socialiste et démocrate) au nom de la commission de l’agriculture, la résolution adoptée par le Parlement appelle à utiliser «le strict nécessaire» d’antibiotiques. Tout en leur cherchant des alternatives, comme de nouveaux antibiotiques, des vaccins, des mesures de biosécurité [2] ou des croisements entre animaux.
 
Les Etats membres de l’UE doivent accroître leurs efforts de surveillance, aussi bien dans les élevages que pour les animaux de compagnie, juge le Parlement. Notamment en joignant l’Esvac (European Surveillance of Veterinary Antimicrobial Consumption), réseau mis en place en 2009 afin d’évaluer l’exposition aux antibiotiques.
 
Au-delà des seuls pays, l'Office alimentaire et vétérinaire (OAV) et l’Efsa doivent pouvoir faire plus d’inspections, ce qui passe par une hausse de leur budget, selon la résolution. Ces agences devront également «suivre la mise en œuvre de l'interdiction de 2006 des antimicrobiens en tant qu'anabolisants», ajoute le Parlement dans son communiqué.
 
En France, l’exposition aux antibiotiques chez les animaux a connu une croissance de 12,6% entre 1999 et 2009, estime l’Agence nationale du médicament vétérinaire (ANMV) dans son dernier rapport annuel sur le sujet, daté de février. Mais une tendance à la baisse semble se dessiner depuis deux ans (-3,9% entre 2008 et 2009), une réduction qui «doit être confirmée» selon l’ANMV.
 
[1] Selon l’antibiotique, le type d’élevage et le pays, le taux de résistances va de 13 à 47% des prélèvements effectuées pour les salmonelles, de 34 à 62% pour Campylobacter, indique l’Efsa dans un rapport publié en 2010. Comparée aux autres Etats membres, la France obtient des résultats très moyens.

[2] La biosécurité se définit par l’ensemble des mesures mises en œuvre afin de prévenir l’infection d’un élevage, telles que le nettoyage et la désinfection, l’isolement des animaux entrants, la gestion des déjections et de l’enlèvement des cadavres, etc. 



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