Le parlement européen déclare l’urgence climatique

Le 28 novembre 2019 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Les eurodéputés en ont aussi assez de devoir travailler dans deux hémicycles.
Les eurodéputés en ont aussi assez de devoir travailler dans deux hémicycles.

Une façon d’interpeller les gouvernements des 28 Etats membres, à deux semaines d’une conseil européen crucial.

 

Ce n’est pas le premier parlement à voter une telle motion. Ce ne sera probablement pas le dernier. Mais le symbole reste fort, à quatre jours de l’ouverture du 25e sommet climatique international (COP 25). Ce jeudi 28 novembre, une majorité de députés européens (429 voix pour, 225 voix contre et 19 abstentions) a adopté une résolution sur l’urgence climatique et environnementale.

Un hémicycle mais pas deux. Les parlementaires rappellent que les migrations mensuelles entre Bruxelles et Strasbourg sont à l’origine de 11 000 à 19 000 tonnes de CO2 par an. En toute logique, ils appellent  à l’adoption «dès que possible [d’]un système de siège unique. » Une demande qui ne sera pas du goût du gouvernement français.

Se basant sur les trois derniers rapports du Giec et sur le premier rapport d’évaluation de l’IPBES, le texte invite Commission et États membres à «élaborer et appliquer de toute urgence» un plan «cohérent et global prévoyant des engagements financiers suffisants […] qui engagerait tous les États membres sur une trajectoire stratégique réalisable en vue de parvenir à zéro émission nette d’ici 2050.»

En Europe, les parlementaires britanniques, irlandais, français ou autrichiens ont déjà voté des résolutions similaires.

un engagement européen?

L’interpellation des Etats membres intervient deux semaines avant l’ouverture du conseil européen du 12 décembre, au cours duquel les chefs d’Etats et de gouvernements devront décider (ou non) d’engager l’UE sur la voie de la neutralité carbone à l’horizon de 2050. Un objectif sur lequel ils ont déjà buté, notamment en raison de l’opposition du gouvernement polonais.

Les eurodéputés précisent que l’atteinte de cet objectif passe par «une actualisation» des ambitions climatiques, et plaident pour une réduction des émissions communautaires de GES de 55% entre 1990 et 2030.

interpellation d'Ursula von der Leyen

Au lendemain de la confirmation de la nouvelle Commission, qui prendra ses fonctions le 1er décembre, le Parlement s'adresse également à la présidente élue Ursula von der Leyen, lui enjoignant d'inclure tous ses objectifs, nécessaires pour se conformer à l'accord de Paris, dans son «Pacte vert européen». Lors de sa «campagne» électorale, en juillet dernier, l’ancienne ministre allemande de la défense avait indiqué vouloir conduire l’UE sur la voir de la neutralité carbone.