Le Parlement britannique discrédite la géo-ingénierie

Le 25 septembre 2012 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Les bateaux blanchisseurs de nuage ne sont pas pour demain.
Les bateaux blanchisseurs de nuage ne sont pas pour demain.

C’est sans doute une première mondiale, hélas passée inaperçue. Dans leur rapport appelant à sanctuariser l’Arctique [JDLE], les parlementaires britanniques ont étudié plusieurs moyens de réduire la menace climatique pesant sur les glaces de mer.

L’occasion était trop belle pour certains lobbies promouvant les techniques (jamais mises en œuvre) de «refroidissement» du réchauffement climatique. Rappelant aux députés que «rien n’existe dans la nature qui puisse venir à notre aide», les membres de l’Arctic Methane Emergency Group (Ameg) ont appelé les gouvernements à «rafraichir l’Arctique, principalement en utilisant des techniques de géo-ingénierie».

Avantage du sulfatage de l’atmosphère, mis en avant par l’organisation: «Il existe des analogues naturels à cette technique [les émissions de soufre des volcans], et son coût se chiffrerait en centaines de millions de livres plutôt qu’en milliards par an», a indiqué aux députés britanniques John Nissen, un ancien programmateur, désormais en charge des destinées de l’Ameg.

Une position mise à mal par les climatologues entendus par les parlementaires. Pour Peter Wadhams (université de Cambridge), vouloir rafraichir le climat en brumisant des sulfates relève du cautère sur une jambe de bois. «S’engouffrer dans une telle voie implique des dizaines de générations futures», estime Tim Lenton (université d’Exeter). Car, pour maintenir les températures à un niveau acceptable, il faut maintenir le dispositif de géo-ingénierie aussi longtemps que les concentrations de gaz à effet de serre restent à un niveau élevé dans l’atmosphère. Ce qui durera des siècles.

D’autant que l’efficacité réelle des techniques prônées par les apprentis sorciers du climat reste incertaine. «Les modèles actuels sont incapables de quantifier l’importance des effets sur le climat des techniques de géo-ingénierie», a concédé John Latham (université de Boulder) et inventeur du concept du blanchiment des nuages (pour augmenter l’albedo de la terre).

En conséquence, écrivent les parlementaires, «les techniques de géo-ingénierie n’offrent pas de solution crédible à long terme pour l’Arctique. Davantage de recherches sont nécessaires pour évaluer leur apport et leurs impacts sur les systèmes climatiques.» Exit, donc.

Tel n’est pas le cas, en revanche, de l’abattement des poussières de carbone. Selon Peter Wadhams, les suies de combustion pourraient être le troisième plus grand contributeur au réchauffement de l’Arctique, après le CO2 et le méthane. Réduire les rejets de ces poussières, générées par d’imparfaites combustions d’énergie fossiles, pourrait réduire des deux tiers en 30 ans le réchauffement des régions arctiques. Mais pour cela, il faudrait drastiquement revoir à la baisse les normes d’émission des moteurs à explosion, qu’ils soient terrestres, aériens ou maritimes. Ce qui n’est pas encore gagné.



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