Le Parlement adopte enfin de nouveaux indicateurs de richesse

Le 02 avril 2015 par Stéphanie Senet
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Rare unanimité sur les bancs du Sénat
Rare unanimité sur les bancs du Sénat

Recommandé dès 2009 par le rapport Stiglitz, un nouvel indicateur de richesse devra désormais être pris en compte dans le pilotage des politiques publiques, selon la proposition de loi définitivement adoptée, ce 2 avril, par le Parlement.

Le texte avait été déposé le 14 octobre dernier par la députée écologiste de l’Essonne Eva Sas. «Le PIB ne représente qu’un objectif intermédiaire. Nos objectifs premiers sont l’emploi, la réduction des inégalités, la qualité de vie et la protection de l’environnement», avait-elle expliqué. Il a été voté le 29 janvier à l’Assemblée nationale et ce 2 avril par le Sénat.

Il oblige le gouvernement à remettre, chaque année en octobre, au début de la discussion budgétaire, un rapport au Parlement sur l’évolution de nouveaux indicateurs de richesse, comme des indicateurs d’inégalité, de qualité de vie et de développement durable. Les réformes de l’année précédente et de l’année à venir devront également être passées au crible des nouveaux critères.

 

Unanimité surprise sur les bancs du Sénat

«On critique le PIB, devenu l’étalon de la vie économique. Il serait toutefois vain de prétendre le remplacer par un nouvel indice synthétique. En revanche, il est utile de le compléter pour éclairer tel ou tel aspect de la vie sociale», a réagi Christian Eckert, secrétaire d’Etat en charge du budget.

«Le PIB ne permet pas de mesurer les inégalités ou les externalités négatives des activités économiques. Il comptabilise même positivement les catastrophes naturelles au titre des travaux de réparation qu’elles entraînent. Ne cédons pas pour autant aux sirènes de la décroissance», a souligné Jean-Claude Requier, sénateur du groupe RDSE[1] (Lot) qui a soutenu la proposition de loi.

«Le PIB apparaît en effet déconnecté des réalités. Il a continué de croître alors que les Français voient leur pouvoir d’achat baisser. D’où un décalage entre le discours politique et la réalité ressentie», a affirmé Francis Delattre, sénateur UMP du Val d’Oise.

 «N’en déplaise à certains, il ne s’agit pas de mettre la France à l’avant-garde hippie, guidée par la quête du bonheur national brut cher au Bhoutan, mais simplement d’emboîter le pas au Royaume-Uni et à la Belgique», a nuancé André Gattolin, sénateur écologiste des Hauts-de-Seine.

 

Déjà au Royaume-Uni, Belgique et Allemagne

Londres a en effet lancé dès 2010 un programme national de mesure du bien-être. En Allemagne, 9 indicateurs complémentaires ont été mis au point par une commission parlementaire de tous bords politiques: sur le plan économique (ratio de dette publique, distribution des revenus), social (taux d’emploi, d’éducation, espérance de vie, démocratie) et écologique (émissions de CO2, concentration d’azote et biodiversité).

Enfin, la Belgique calcule 5 indices autres que le PIB: un indice de situation sociale, un indice des conditions de bien-être, l’empreinte écologique et la biocapacité, un indice de situation environnementale et un indicateur de capital économique, différent du PIB, qui reste à définir.



[1] Rassemblement démocratique et social européen

 



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