Le nucléaire tel qu’il est

Le 10 septembre 2010 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Régulièrement, l’Agence internationale de l’énergie atomique dresse le bilan de l’utilisation énergétique de l’atome. Le Journal de l’Environnement a eu accès à l’édition 2010. Morceaux choisis.

Moins rapide qu’escomptée par certains, la renaissance du nucléaire civile est une réalité. Dans le monde, rappelle la note de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), l’atome fournit 5,7% de l’énergie primaire et moins de 14% de l’électricité.

C’est en Europe occidentale que la nucléarisation du secteur électrique est la plus importante. Dans cette région, les réacteurs fournissent, en moyenne, 27% des électrons (76% en France !), contre 18% pour l’Amérique du nord et l’Europe orientale, 10% en Extrême-Orient un peu plus de 2% en Amérique latine et en Afrique et environ 1% au Moyen-Orient et en Asie du Sud.

Les réacteurs à eau légère conservent la part léonine du parc mondial : 82%. Seulement 10% des réacteurs sont modérés à l’eau lourde, contre 4% au gaz et 3% au graphite. Il ne reste plus qu’un réacteur modéré et refroidi au métal liquide. La puissance unitaire moyenne des réacteurs en service est de 850 MWe. A ce jour, 29 pays exploitent 441 centrales nucléaires, dont la capacité installée totale atteint les 375 GWe. Globalement, l’industrie nucléaire mondiale emploie 250.000 personnes.

En août 2010, 61 tranches étaient en construction, contre 33, il y a deux ans. Particularité du nucléaire : les chantiers durent parfois très longtemps. 11 réacteurs sont en construction depuis les années 1980 et 3 d’entre eux seulement devraient entrer en service d’ici à 2014.

Le développement du nucléaire n’est pas seulement un problème de BTP. Mais aussi de métallurgie. Rare sont les industriels capables de forger d’aussi importantes pièces que les cuves de réacteur ou les pressuriseurs. Raison pour laquelle les métallurgistes spécialisés, en France, au Japon, en Chine, en Corée du Sud, mais aussi en Russie et en République Tchèque investissent dans de nouvelles fonderies.

Le cycle du combustible a lui aussi connu quelques surchauffes depuis deux ans. Actuellement, la production d’uranium est trustée par quelques pays. A eux huit, l’Australie, le Canada, le Kazakhstan, la Namibie, le Niger, la Russie, l’Ouzbékistan et les Etats-Unis pèsent 93% de la production mondiale d’uranium. Cette concentration, conjuguée au quintuplement des prix du marché spot depuis 2004, incite les géologues à prospecter tous azimuts. Et les gestionnaires du combustible à développer le recyclage des matières nucléaires. Plus du tiers du combustible consommé dans les centrales nucléaires est issu du recyclage de combustible usé ou d’armes recyclées.

Parce que les prix des combustibles fossiles sont, structurellement, appelés à augmenter et que les contraintes environnementales (climatiques, notamment) ne vont cesser de s’aggraver, de plus en plus de compagnies électriques cherchent à acquérir des centrales nucléaires. Directement, ces installations n’émettent pas de gaz à effet de serre. D’autre part, le coût du combustible ne représente que quelques pourcents du coût de production. Deux garanties d’une stabilité des coûts sur le long terme. Raisons pour laquelle 65 pays entendent développer cette forme d’énergie, dont 21 en Afrique et 11 en Amérique latine. Vingt-cinq pays souhaitent voir leur premier réacteur diverger avant 2030. Selon les dernières projections de l’Agence internationale de l’énergie, la puissance totale installée des centrales nucléaires pourrait atteindre 807 GWe, en 2030. Deux fois plus qu’aujourd’hui.



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