Le nucléaire européen prévoit une croissance malgré Fukushima

Le 17 juin 2011 par Sonja van Renssen
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L’énergie nucléaire peut continuer à fournir près du tiers des besoins en électricité en Europe en 2050, malgré la catastrophe nucléaire de Fukushima, suggère un nouveau rapport du lobby bruxellois de l’industrie nucléaire européenne Foratom, rendu public le 15 juin.
 
L’industrie a déjà envoyé ce rapport à la Commission européenne en février en tant que contribution aux travaux sur la feuille de route sur l’énergie pour 2050, prévue pour cet automne. Le rapport ne fait aucune référence au désastre japonais survenu entre-temps.
Foratom suggère que 160 à 170 gigawatts (GW) de capacité nucléaire pourraient être déployés dans l’UE d’ici la moitié du siècle –à comparer au 134 GW actuels– dans un scénario où le monde doit réduire de moitié ses émissions de gaz à effet de serre. Cela signifierait que le nucléaire compterait pour 30% environ de la production d’électricité, comme aujourd’hui.
 
Ceci impliquerait la construction d’environ 5 nouveaux réacteurs par an en Europe, reconnaît Foratom. L’association envisage entre 20 et 30 nouveaux réacteurs par an dans le monde entier. «Notre chaîne d’approvisionnement peut suivre cette demande», affirme le lobby européen.
 
Ces conclusions sont en contradiction certaine avec le rapport du think tank antinucléaire WorldWatch Institute publié en avril dernier. «Il sera impossible de maintenir, sans parler d’augmenter, le nombre de réacteurs nucléaire en service sur les 20 prochaines années», concluait-il. Et de le justifier par-dessus tout par des contraintes de fabrication. Presque tous les réacteurs actuellement en construction souffrent «de délais substantiels et coûteux», notait le rapport du WWI.
 
La vision de Foratom dépend de 4 facteurs-clés: le soutien politique au nucléaire, une augmentation «modérée» de l’électrification (par exemple dans les transports), des coûts de production compétitifs (le nucléaire deviendra «bon marché») et une politique climatique ambitieuse (avec des prix du carbone à plus de 100 euros la tonne).
 
Les autres conditions pour que le nucléaire maintienne sa part de 30% dans le bouquet énergétique européen sont nombreuses, allant d’un cadre de sûreté idoine pour les réacteurs, à l’acceptation publique, en passant par les outils de financement et des mécanismes de licence harmonisés au niveau européen.
 
L’inquiétude majeure, toutefois, provient des contraintes politiques: Foratom affirme qu’elles entrent en jeu avant même la concurrence des autres technologies pauvres en carbone telles que le captage/stockage du carbone (CSC), les renouvelables ou la cogénération. Déployer entre 160 et 170 GW d’énergie nucléaire d’ici 2050 exigerait «un changement majeur dans le soutien politique et populaire» dont le nucléaire fait l’objet jusqu’ici. Des mots qui raisonnent autrement plus fort depuis la catastrophe de Fukushima.


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