Le nucléaire domine le sujet énergie

Le 18 avril 2017 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Qui n'a pas son avis sur l'atome?
Qui n'a pas son avis sur l'atome?
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La plupart des candidats n’évoque pas les énergies fossiles qui fournissent plus des deux tiers de l’énergie que nous consommons.

S’il fallait un chiffre pour se convaincre de l’inculture énergétique crasse de notre personnel politique, c’est celui-ci. A l’exception notable de Nathalie Arthaud, tous les candidats focalisent leur programme énergétique sur le nucléaire. Or l’atome ne produit que 22% de l’énergie que nous consommons. Les 69% que nous apportent les énergies fossiles (pétrole et gaz surtout) sont purement et simplement jetés aux oubliettes de la politique tricolore.

Plus et moins de nucléaire

Dans les équipes en lice pour la présidentielle, il y a ceux et celle qui veulent plus de nucléaire, industrie reine de l’Hexagone. François Fillon en veut plus et veut des réacteurs qui fonctionnent plus longtemps. Et pourquoi pas jusqu’à 60 ans? Toute petite concession faite aux sources d’énergies décentralisées par le candidat de LR: «Permettre aux Français et aux industriels de consommer l'énergie qu'ils produisent eux-mêmes, en s'affranchissant du monopole.» Bonne nouvelle: cette autoconsommation existe déjà.

Le légitimiste

Emmanuel Macron est un légitimiste. Le leader d’En Marche! veut mettre en œuvre la loi sur la transition énergétique, laquelle plafonne à 50% la part du nucléaire dans la production d’électricité. Côté demande, l’ancien ministre de l’économie veut renforcer la lutte contre la précarité énergétique (ils sont peu nombreux à évoquer le sujet).

Dupont-Aignan l’atomiste

C’est Nicolas Dupont-Aignan qui affiche le plus fort soutien à l’énergie atomique. Le leader de Debout la France veut allonger la durée de vie des centrales, soutenir la filière EPR et lancer un programme de recherche sur les réacteurs au thorium. Parallèlement, l’ancien conseiller du ministre de l’environnement Barnier entend imposer un moratoire sur l’éolien tout en développant l’énergie bois, le solaire thermique et les énergies marines. Comme Ségolène Royal, Nicolas Dupont-Aignan veut paver les routes de France de voies solaires. Le candidat néo-gaulliste veut interdire l’exploitation d’hydrocarbures en Méditerranée mais pas au large de la Guyane. Comprenne qui pourra.

De l’hydrogène, sinon rien

Marine Le Pen pourrait endosser ce programme. Elle aussi veut booster le nucléaire français, bouter l’éolien hors de France, mais favoriser l’éclosion des autres énergies renouvelables. à condition qu’elles soient made in France. Plus radicale que ses précédents compétiteurs, la meneuse du Rassemblement Bleu Marine milite aussi pour la nationalisation d’EDF. L’électricien récupérant alors toutes les concessions d’exploitation des barrages hydroélectriques. Ce qui suppose d’exproprier Engie. La patronne du Front National veut aussi développer l’hydrogène, notamment pour alimenter la prochaine génération de voitures électriques. Personne ne semble lui avoir dit que la production mondiale d’hydrogène est à l’origine de 3% des émissions anthropiques de gaz à effet de serre. Un détail!

Le pôle public de l’énergie

La France insoumise partage certains des objectifs lepénistes. Si Jean-Luc Mélenchon veut sortir du nucléaire, abandonner le Grand Carénage, stopper le chantier de l’EPR, il promet lui aussi de nationaliser EDF, Engie et Total pour constituer un grand pôle public de l’énergie. Une idée déjà défendue lors du précédent scrutin présidentiel. Ce mastodonte sera chargé d’alimenter la France en sources d’énergies renouvelables. Le 100% d’énergie vertes étant fixé pour 2050.

L’homme aux hologrammes

Ce même but est défendu par le challenger socialiste de l’homme aux hologrammes. Benoît Hamon veut également conduire la stratégie d’EDF et d’Engie, non en les nationalisant mais en leur adressant une feuille de route. L’un de ces chapitres prévoit déjà que, dans le futur, les ménages les moins bien lotis ne consacrent pas plus de 10% de leurs ressources à régler leurs factures d’énergie. 

Supprimer le capitalisme

La facture, Philippe Poutou (Nouveau Parti Anticapitaliste) et Nathalie Arthaud (Lutte Ouvrière) entend bien la faire payer aux entreprises. Si la seconde veut régler la crise en «supprimant le capitalisme», le premier veut «exproprier les grands groupes capitalistes» du secteur de l’énergie. Il faudra alors, poursuit l’ouvrier bordelais, arrêter le nucléaire, abandonner le projet Cigéo de l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) et engager le pays dans la voie du tout renouvelables. Sans oublier, bien sûr, de reconvertir «les travailleurs des secteurs du gaz, du pétrole, du nucléaire».

En attendant la fusion

Depuis 22 ans qu’il se présente aux élections présidentielles, Jacques Cheminade a toujours été un chaud partisan du nucléaire. A l’évidence, la réaction fonctionne encore. Ce proche de l’illuminé Lyndon LaRouche[1] mise tout sur la 4e génération de centrales atomiques (encore dans les limbes), en attendant la fusion. Les renouvelables? Vous n’y pensez pas: ces «énergies douces» sont qualifiées (sans que l’on sache très bien pourquoi) de «pétainistes» par le candidat franco-argentin.

Débat et référendum

François Asselineau estime ne pas avoir de programme énergétique. Pour combler cette lacune, le fondateur de l’Union populaire républicaine (UPR) propose d’organiser un grand débat national (le 4e depuis 1995), conclu par un référendum. Sans attendre, le promoteur de la sortie de la France de l’Union européenne (le Frexit) nationalisera EDF et Engie, supprimera les subventions à la consommation d’énergies fossiles, financera la rénovation thermique des bâtiments. Sous présidence Asselineau, Paris aidera les DOM-COM à accéder à l’indépendance énergétique. Pas si mal pour un candidat dépourvu de programme.

 



[1] né en 1922, homme politique, essayiste et polémiste américain

 

 



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