Le nucléaire civil: nouveau secret d’Etat japonais

Le 06 décembre 2013 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Du travail illégal à Fukushima?
Du travail illégal à Fukushima?
Tepco

Jusqu’à présent, rares ont été les pays à développer l’énergie nucléaire dans la plus totale des transparences. Et 20 mois après la catastrophe de Fukushima, le gouvernement nippon semble animer du désir de classer secret défense toute information ayant trait à cette activité.

Vendredi 6 décembre, le parlement a adopté un projet de loi sur la «protection des renseignements spéciaux». Au nom de la lutte contre le terrorisme et du renforcement de la sécurité, les fonctionnaires qui rendront publics des secrets d’Etat sont passibles de 10 ans de prison. La loi prévoit aussi d’embastiller pendant 5 ans les journalistes qui chercheraient à en savoir plus sur ces secrets d’Etat.

Mais au fait, qu’est-ce qu’un secret d’Etat à la japonaise? Questionné 22 heures durant par l’opposition, le gouvernement Abe n’a pas clairement répondu à cette question. Il a toutefois concédé la création de deux commissions indépendantes, l’une chargée d’établir le degré de classification des informations gouvernementales, l’autre devant contrôler l’application de la loi.

Une savante façon d’organiser, de façon toute discrétionnaire, la censure. Masako Mori, la numéro deux du gouvernement, a d’ailleurs indiqué que l’industrie nucléaire pourrait être couverte par la loi, «parce qu’elle constitue une cible potentielle pour les terroristes».

Le vote de ce texte, possiblement liberticide, intervient précisément au moment où l’industrie nucléaire japonaise fait montre de la plus totale opacité; propriété rarement gage de sûreté. Le 6 décembre, toujours, le gouvernement a présenté à huis clos son projet de politique énergétique. Resté confidentiel, ce plan accorderait, affirme la presse nippone, une large place à… l’énergie nucléaire.

Dans une longue dépêche, publiée le 5 décembre, Reuters décrit comment Tepco a fait procéder à des travaux illégaux dans des zones contaminées de Fukushima Dai-Ichi. Un genre d’information qui pourrait ne plus pouvoir être portée à la connaissance du public et des régulateurs depuis l’entrée en vigueur de la loi sur la «protection des renseignements spéciaux».



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