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Le nucléaire broie du noir

Le 30 juillet 2014 par Valéry Laramée de Tannenberg
En Belgique, GDF Suez menace d'arrêter ses centrales nucléaires.
En Belgique, GDF Suez menace d'arrêter ses centrales nucléaires.
DR

Coïncidence. Au moment où le conseil des ministres approuvait un projet de loi qui limite le développement de l’énergie nucléaire, un rapport annonce le déclin de l’énergie atomique au niveau planétaire.

Comme chaque année, l’équipe du World Nuclear Report publie, ce mercredi 30 juillet, l’état mondial de la planète nucléaire. Et cette année, le portrait est particulièrement sombre. A un point tel qu’on peut se demander si cette source d’énergie ne connaît pas son chant du cygne. C’est du moins l’avis des principaux auteurs, Mycle Schneider et Anthony Frogatt, connus pour leur militantisme anti-nucléaire. Pour autant, leurs données étant puisées dans les rapports des agences internationales, des gouvernements, etc., leur travail reflète donc une certaine vérité officielle.

 2.359 TWh produits en 2013

Et celle-ci n’est pas rose pour l’atome. Actuellement, 30 pays seulement exploitent des centrales nucléaires électrogènes. Ces 388 réacteurs représentent une capacité installée de 333 gigawatts électriques[1]: l’équivalent du triple du parc électrique français. Ces machines ont injecté 2.359 térawattheures d’électricité sur les réseaux en 2013. On est bien loin du maximum observé en 2006: 2.660 TWh. Moins de 11% de l’électricité mondiale est ainsi produite, contre 17,6% en 1996.

Inégalé, ce record pourrait être difficile à battre. Faute de renouvellement, le parc nucléaire commence à vieillir. Sa moyenne d’âge dépasse les 28 ans. Près de la moitié de la flotte mondiale est exploitée depuis plus de 30 ans et 39 tranches fonctionnent en régime commercial depuis plus de 40 ans. Certes, 67 machines sont en cours de construction. Toutefois, «28 ans après Tchernobyl, aucun réacteur de nouvelle génération […] n’est entré en service. Et les projets finlandais ou français accusent plusieurs années de retard», soulignent les rapporteurs. Les EPR d’Olkiluoto et de Flamanville ne sont d’ailleurs pas les plus lents qui soient: «8 réacteurs sont en construction depuis plus de 20 ans».

Moins d’argent

Il est vrai que l’énergie nucléaire est de plus en plus coûteuse. En une décennie, estime le rapport, le coût du kilowatt installé est passé de 1.000 à 8.000 dollars (de 747,5 à 5.980 euros). Parallèlement, les aides publiques se sont raréfiées. EDF a ainsi toutes les peines du monde à financer la construction de ses deux EPR de Hinckley Point. Et le mécanisme imaginé (le contrat pour différence) est sous le coup d’une enquête de la Commission européenne. L’argent privé est très disputé. Notamment par les promoteurs d’énergies renouvelables. Certes, les investissements en faveur des ENR n’ont atteint que 214 Md$ (160 Md€), l’an passé contre 300 milliards en 2011 (224 Md€). Mais cela reste toujours 4 fois plus qu’en 2004.

Les coûts d’exploitation ont tendance aussi à singulièrement grimper. S’appuyant sur un récent rapport de la Cour des comptes française, Mycle Schneider et Anthony Frogatt soulignent que le coût de production des centrales tricolores est passé de 47 à 60 €/MWh entre 2010 et 2013. Et nul doute que les travaux imposés par le Grand carénage et les mesures post-Fukushima alourdiront un peu plus la facture. La situation n’est guère meilleure outre-Rhin, où E.ON a fermé 7 mois plus tôt que prévu l’un de ses réacteurs, faute de rentabilité. Une situation que l’on retrouve aux Etats-Unis (où les électriciens ont fermé 5 tranches non rentables) et en Suède. En Belgique, GDF Suez pose ouvertement la question d’un éventuel retrait de l’atome, certes très taxé par le gouvernement fédéral.

 



[1] Les deux tiers de cette capacité se trouvent aux états-Unis, en France, en Russie, en Corée du Sud et en Chine.

 



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