Le nucléaire britannique du futur veut du RAB

Le 23 juillet 2019 par Valéry Laramée de Tannenberg
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L'ancienne centrale nucléaire de Wylfa.
L'ancienne centrale nucléaire de Wylfa.
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Le gouvernement britannique ouvre une consultation sur un financement public des futures centrales nucléaires. Une idée qui pourrait faire souche sur cette rive-ci de la Manche.

Alors que les travaux se poursuivent sur le chantier de l’EPR de Hinkley Point C (HPC), le gouvernement britannique n’a toujours pas définitivement choisi la façon dont il compte financer son programme nucléaire civil. L’une des priorités que trouvera sur son bureau, Boris Johnson, le nouveau premier ministre.

Après avoir conclu un coûteux contrat pour différence avec EDF Energy (la filiale britannique d'EDF) pour la réalisation, justement, de l’EPR de HPC, Londres s’oriente vers d’autres solutions, plus acceptable pour l’opinion publique, notamment.

pas de participation directe

Dans un premier temps, le ministère de l’économie avait imaginé prendre une participation directe dans le capital de la future centrale nucléaire de Wylfa. Avec l’abandon, en janvier dernier, de ce projet de deux réacteurs à eau bouillante porté par Hitachi, cette option semble ne pas devoir sortir des oubliettes de la finance.

Pas de panique, les experts du ministère des finances ont plus d’une ligne de code en tête. Depuis juin 2018, l’idée est d’adapter le Regulated Asset Base (RAB) aux spécificités de l’atome. Très utilisé pour financer, outre-Manche, la construction de grandes infrastructures (tunnel, aéroport et autres actifs régulés) le RAB consiste à lever tout ou partie des fonds auprès des … contribuables.

d'EDF Energy à EDF

Pour ses partisans, le RAB a le mérite de diluer les risques, même en cas de dépassement des coûts (hypothèse d’école, bien sûr). En s'appuyant sur les bonnes performances des réseaux de distribution d'électricité récemments renovés via le RAB, le ministère de l’économie britannique estime ce dispositif contribuera aussi à baisser le montant du kWh final.

Lundi 22 juillet, Londres a ouvert une consultation publique sur l’adaptation du RAB au nucléaire. L’exercice de concertation prendra fin au mois d’octobre. Si ces conclusions sont conformes à l’esprit du RAB model for nuclear, le prochain gouvernement pourrait alors autoriser EDF Energy à y recourir pour financer ses prochains réacteurs à Sizewell. Il n’est pas exclu, non plus, que le concept franchisse le Channel. EDF n’étant plus en mesure de financer, seule, la réalisation de la demi douzaine de tranches du nouvel EPR qu’elle appelle de ses vœux.

Au printemps, le parlement européen a voté une résolution excluant le nucléaire de la liste des investissements pouvant être financés par les fonds européens.

 



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