Le nucléaire bientôt plus cher que les énergies renouvelables

Le 12 juin 2014 par Stéphanie Senet
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Lorsqu'une centrale dépasse les 40 ans, le coût du MWh grimpe
Lorsqu'une centrale dépasse les 40 ans, le coût du MWh grimpe

Deux jours après la publication des conclusions de la commission d’enquête parlementaire, jugeant les coûts du nucléaire trop imprécis, Greenpeace diffuse à point nommé son rapport sur le coût futur de l’atome.

Lorsque son fonctionnement est prolongé au-delà de 40 ans –ce qui n’est pas acquis sur le plan de la sûreté selon l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN)- un réacteur produira une énergie plus coûteuse qu’une éolienne ou une installation photovoltaïque. Telle est la principale conclusion du rapport, publié ce 12 juin, par Greenpeace, quelques jours avant la présentation du projet de loi sur le transition énergétique, prévue le 18 juin en Conseil des ministres.

L’ONG évalue à 133 € par mégawattheure le prix de l’électricité produite par une centrale, dont la durée de vie est prolongée de 10 ans, et qui répond à exigences de sûreté proches de l’EPR, selon la méthode du coût courant économique[1] préconisée par la Cour des comptes. Selon l’agence Wise Paris, la prolongation d’un réacteur au-delà de 40 ans exige en effet un investissement de 4,35 Md€. Or, près de deux tiers des 58 réacteurs français atteindront 40 ans d’ici à 2025. La facture de 55 Md€ prévue par EDF pour le Grand carénage en 2025 (environ 1 Md€ par récacteur) doit également être revue à la hausse selon le président de l’ASN, Pierre-Franck Chevet. La Cour des Comptes l’estime quant à elle à 62,5 Md€ en 2025 et 90 Md€ en 2033.

Le coût du nucléaire établi par Greenpeace dépasse d’ores et déjà celui de l’éolien terrestre, oscillant entre 40 et 80€/MWh, dès 2020 celui de l’énergie photovoltaïque (116€/MWh) et en 2022 celui de l’éolien marin (130€/MWh).

A noter que l’ONG n’a pas pris en compte les coûts, encore méconnus, du stockage en profondeur des déchets nucléaires (projet Cigéo), des ajustements nécessaires au démantèlement, des risques de fermeture prématurée, ni de la hausse des assurances en cas d’accident.

Cyrille Cornier, chargé de l’énergie et du climat à Greenpeace, a affirmé qu’il était urgent de prendre, dès aujourd’hui, des décisions sur la durée de vie des centrales. «Ne rien décider revient de fait à les prolonger puisque aucune alternative n’est déployée, d’ici à 2025, pour prendre le relais des centrales dépassant 40 ans», a-t-il mis en garde.



[1] Cette méthode consiste à mesurer les coûts annuels de rémunération et de remboursement du capital, permettant à la fin de vie d’une installation, de reconstituer en monnaie courante le montant de l’investissement initial

 



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