Le nouvel âge du gaz ne fait pas nos affaires

Le 06 juin 2011 par Valéry Laramée de Tannenberg
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L’Agence internationale de l’énergie (AIE) crée le buzz, comme on dit vulgairement. Plutôt que de publier son rapport annuel en une seule fois, l’agence de l’OCDE distille des chapitres tout au long de l’année. Aujourd’hui, c’était au tour des projections pour le marché mondial du gaz.
 
Avec la croissance annoncée de la consommation d’énergie et la nécessité de réduire le recours au charbon, le gaz, naturel et non conventionnel (GNC), va connaître un nouvel âge d’or, 20 ans après l’équipement massif des électriciens britanniques, allemands et américains.
 
L’AIE estime qu’en 2035, la consommation planétaire des précieuses molécules pourrait atteindre 5.100 milliards de mètres cubes par an, soit 54% de plus qu’aujourd’hui.
 
Si la prédiction se réalise, le gaz fournira 25% de l’énergie mondiale, soit 4 points de mieux qu’en 2010.
 
L’an passé, l’institution basée à Paris estimait la consommation de 2035 à 4.500 Mdm3 par an.
 
L’incroyable développement des gaz non conventionnels (gaz de schiste, gaz de charbon) n’est pas étranger à l’évolution du scénario de l’AIE. Les réserves de GNC sont désormais réputées aussi importantes que celles du gaz naturel. En combinant les deux, nous disposons de 250 ans de réserve, au rythme actuel de consommation.
 
Le gaz est donc l’un des combustibles de l’avenir. Ce qui ne fait pas l’affaire du climat. L’AIE le reconnaît sans détour: l’analyse du cycle de vie montre que l’utilisation des GNC est plus émettrice que celle du gaz naturel.
 
De plus, les futures centrales au gaz ne remplaceront pas forcément des centrales au charbon —ce qui réduirait le bilan carbone du secteur électrique— mais aussi des réacteurs nucléaires arrivés en fin de vie.
 
Conséquence: le nouvel âge d’or du gaz nous mène tout droit à la catastrophe climatique. Sans un recours massif aux sources d’énergie bas carbone, à l’efficacité énergétique et à de nouvelles technologies (comme le captage-stockage géologique du carbone), nous émettrons  en 2035 35 milliards de tonnes de CO2 par an: 16% de plus qu’en 2010 [JDLE].
 
Cela signifie, rappelle l’AIE, que l’on ne parviendra à stabiliser la concentration de CO2 qu’aux alentours de 650 parties pour million (nous en sommes à 393!). Traduit en température, cela nous promet une hausse du thermomètre global de 3,5°C d’ici la fin du siècle. Soit 1,5°C de plus que l’objectif visé à Copenhague et à Cancun.


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