Le nouveau président de l’Ademe parle

Le 05 janvier 2012 par Valéry Laramée de Tannenberg
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faire sauter les verrous et mobiliser.
faire sauter les verrous et mobiliser.

Moins de deux semaines après sa nomination, François Loos dévoile ses priorités. Au menu : réseaux intelligents, PCET, captage-stockage du CO2, politique énergétique. En filigrane : montrer que le Grenelle Environnement bouge encore.

A l’Ademe, les présidents se suivent et ne se ressemblent pas. Après un discret Philippe Van de Maele, plus amateur de réunions de cabinet que de présentations publiques, place à François Loos. Pour cet X-Mines de 58 ans, l’environnement n’est pas terra incognita. Jeune ingénieur des mines, il a étrenné ses guêtres dans les services de l’environnement industriel (ancêtres des Dreal). Embauché par Rhône Poulenc, il y dirige, quelques mois durant, l’usine de Thann (Haut-Rhin) avant de chapeauter la direction scientifique du chimiste. Devenu numéro deux du groupe Lohr, il aura l’occasion pendant trois ans de s’intéresser aux transports, routier et ferroviaire.
 
«Par accident», avoue-t-il, il entre en politique en 1992 (l’année du Sommet de la terre!). Elu conseiller régional d’Alsace, l’ancien patron du parti radical valoisien enchaîne ensuite 18 années de mandats électoraux. Après la victoire de Jacques Chirac, ce co-fondateur de l’UMP entre au gouvernement. Il y détient les portefeuilles de la recherche, du commerce extérieur et de l’industrie.
 
A ce dernier poste, il voit péricliter les premiers appels d’offres éoliens français. Il confie aussi à l’économiste Christian de Boissieu la rédaction d’un rapport sur le facteur 4. «Et il faut avouer qu’à sa lecture, on voyait bien qu’on ne savait pas, à l’époque, comment diviser par 4 nos émissions de gaz à effet de serre», rappelle-t-il. A Bercy, il lance aussi les tarifs de rachat de l’électricité produite par le photovoltaïque. «Des tarifs que l’on aurait dû réduire petit à petit et pas d’un seul coup comme cela a été fait l’an dernier», regrette-t-il. Inaugurant les premiers parcs éoliens de l’Hexagone, il avoue son amour pour les moulins à vent, «surtout s’ils sont construits en France».
 
Nommé à la présidence de l’Ademe, le 21 décembre, François Loos entend redonner vie à un bras séculier du ministère de l’écologie, longtemps resté dans l’ombre de ses ministères de tutelle. Et sans doute aussi de la voix. «Il y a 4 fois plus de photovoltaïque en Allemagne qu’en France. Pourquoi ne fait-on pas aussi bien en France?»
Estimant que «beaucoup de choses sont faisables, mais n’ont pas été faites», François Loos fixe deux priorités à son mandat: «faire sauter les verrous» et «mobiliser».
 
Cibles du président: les smart grids («l’Ademe ne peut rien faire d’autre que de dire qu’il faut les faire vite»), les plans Climat-énergie territoriaux, le captage-stockage du carbone, l’énergie, l’architecture bioclimatique, les véhicules décarbonés et la valorisation énergétique de la biomasse. Voilà pour les «verrous».
 
En insufflant un nouveau dynamisme à ces thématiques importantes, François Loos veut persuader ses interlocuteurs que le déploiement du Grenelle Environnement se poursuit et que «l’environnement reste un mobile de croissance économique, sans doute l’un des seuls que nous ayons en France avec l’électronique. Et si l’on n’est pas efficace pour le mettre en œuvre, on est complètement cons».
 
Au chapitre de la mobilisation, figurent, bien sûr, les collectivités locales. Collectivités pour lesquelles l’Ademe prévoit d’engager 20 millions d’euros pour aider les plus petites d’entre elles à réduire le montant de leur facture d’éclairage public. En les accompagnant lors de la mise en œuvre des Zones d'actions prioritaires pour l'air (Zapa). En les aidant aussi à améliorer leur système de gestion des déchets. «Grâce à la bonne gestion passée des recettes de la TGAP, nous devrions être en mesure d’engager 250 M€ par an jusqu’en 2015 pour soutenir les investissements des collectivités dans le domaine des déchets», précise-t-il.
 
Les industriels ne sont pas oubliés. «Nous devons faire sortir les dossiers les plus intéressants qui nous ont été envoyés à la suite de nos appels à manifestation d’intérêt.» François Loos aimerait aussi que Photowatt, le fabricant de panneaux solaires grenoblois en difficulté, puisse trouver un repreneur.
 
En phase avec les débats du moment, l’ex-ministre de l’industrie s’attend à une évolution de la politique énergétique française. «Nous aurons une nouvelle PPI (programmation pluriannuelle des investissements électriques, ndlr) au cours du second semestre qui répartira autrement les objectifs donnés à chaque énergie renouvelable.» A bon entendeur…


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